‹ La géographie dans les Argonautiques d'Apollonios de Rhodes [microform], Thèse principaleChapitre 3 sur 279 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Généralités

CIIAPITlîJO P REMI E II

LA GEOGRArilli: DANS LES AllGOXALTIQLES

L'épopée d'ApolIonios est surtout géograpliique. Sans doute, dans cette œuvre touffue et érudite, Tastronomie» la magie, l'art nautique, la médecine, la peinture de l'amour et la mythologie intéressent aussi le lecteur. Mais aucun de ces éléments n'occupe une place aussi grande que la

géographie.

L'astronomie se ramèue à ])('U de chose : quelques détails touchant la navigation, un petit nombre do comparaisons et deux légendes sur les vents étésiens et sur* la couronne d'Ariane.

La magie, grâce aux personnages de Médéo et, de Circé, joue un rôle plus important. Elle forme le sujet de plusieurs scènes où l'auteiu- a accumulé les détails étranges et épouvantables, i)ar exemple la cueillette du lyromHhéion, le sacrifice nocturne de Jason à Hécate, l'enlèvement de la toison, la purification de Jason et de Médée par Circé, la fascination de Talos. Mais ces descriptions ne sont que des épisodes dans l'ensemble du i)oème.

L'art nautique a fait lobjet d'une étude spéciale^ On

1. Pe LA Ville dk Miumont, Le navire Argo et la science naulique d'Apollonius de Rhodes {Revue internalionale de VEnseigncmcnl, t. XXX, 1895, II, pp. 62-153); cf. Assmaî^^, Bas Schiff von Delphi {Jalirb. d. Arch, InsL, 1905, p. 32 ss.)

GÉNÉRALITÉS

trouve Cil effet daiLs le poème d'Apollonins inniiil.s détails préci.s sur la consduclion, le lanceriient, le eliar^ement et la inanceuvre du navire Argo. En les réunissant, on constate que l'auteur, avec beaueou]) de science et un louable 8ouci de couleiu' archaïque, c a f;iit la restitution exacte do ce que devait être xu. navire primitif, au temps de V Iliade et de Y Odyssée^ ». .AImis h l'exception d'une scène, le lancement d'Ariro, ces i enseignements, dispersés dans tout lo poème, ne peuvent avoir ({u'une importance secondaire. Lorsque le sujet s'y ])rète, riiifluence de la médecine aî>])arait chez Aj)()lloaios : non st'ulemenl il nous renseigne^ sm* les blessures de s.ss héros, suivant rexemple (rilomère, nuiis il décrit par leurs sym])tûjn('.s i)liysi()l()gi(jues la douleur causée par l'amijur chez i\Iéd«'e, la maladie de J'hinéo et l'agonie de Mopsos i)i(iué p;ir un serpent. Toutefois ces tableaux sont rares et aecessoiics.

L'épisod(? de. Méd('( est aux yeux des modernes la])artin a plus intéressante du poènu'. La peinture minutieuse et vraie de la passion (]e])uis son éclosion brusque et inconsciente jusqu'au mom'nt où sa puissance devient irrésistible, la transformatior- d'une jeuue filh^ timide et innocente en amoureuse crimineHe, voilà ce que les critiques modernes, depuis 'Sainte-Beuve, ont le plus admiré et étudié dans les Argonauti(iiics^. Ils ont montré avec raison (|ue cet épisode, malgré quelques maladresses, est le plus original du poème par la nouveauté du sujet, la profondem' et la vérité de l'analyse psychologique. Ctq^i^idaut, (piels (pu^ soient sa valeur littéraire, son intérêt et son ampleur, ce morceau n'est qu'un épisode dans l'ensemble du poème. Jl en occupe seulement le tiers et ne i')rme pas une narration continue : à

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