‹ La géographie dans les Argonautiques d'Apollonios de Rhodes [microform], Thèse principaleChapitre 57 sur 279 · Scolie IV · texte numérisé non relu

Scolie IV

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kVANT APOLLONIOS

pas l'Istros, il est invraisemblable qu'ils se divisent en < eux groupes et il est naturel d'admettre qu'ils franchissent tous les Roches Kyanées et le Bosphore. Les mots « comme le dit aussi Callimaque » signifient donc : « CalUmaque dit aussi que les Colques, tous ensemhU, traversèrent les Eoches Kyanées. » Par cette traduction, on arrive à conciUer cette scolie avec celle du vers 284, d'après laquelle Timagétos et Apollonios seuls font passer les Argonautes (et par suite les Colques qui les poursuivent) par l'Istros. Reste la phrase sur Apollonios au milieu de la scoUe du vers 303 : Fitch, après avoir songé à la corriger, la rattache à la fin de la scolie précédente (IV, 301), suivant une idée ingénieuse de Wilamowitz, adoptée aussi par Pfeiffer^ : « ils revinrent » se rapporte alors aux Argonautes au lieu des Colques et le texte des scolies aux vers 301 et 303 est le suivant :

IV 301 • «... Les auteurs qui ont écrit sur le retour des Argonautes de Colchide ne sont point d'accord, .\pollonios dit qu ils revinrent par un itinéraire opposé à celui de Callimaque ».

IV 303 : « Parmi les Colques, les uns naviguèrent a travers les Roches Kyanées, comme le dit aussi Callimaque. D'autres, avec Apsyrtos, passèrent par l'Istros ».

De toute façon la théorie de Schneider est inacceptable.^ Nous ne pouvons admettre non plus celle de PfeifferS d'après laquelle CalUmaque faisait passer par l'Istros une partie des Colques, mais non les Argonautes. Si le poète de Cyrène rejette pour les compagnons de Jason l'idée d'une bifurcation de l'Istros, il ne l'admet pas nonpluspour les Colques. Nous pensons, avec Fitch, de Wilamowitz et Nicole, qu'Argonautes et Colques, dans les Aitia, revenaient par les Eoches Kyanées et le Bosphore, suivant la tradition de Sophocle d'Euripide et d'Hérodoros d'Héraclée.

Cette interprétation est confirmée par un passage de

1 FiTCH, op. cil., p. 27; de Wilamowitz, Hellenist. Dichlung, 11, 169; B. Pfeiffeb, Kallimachossludien, 48. 2. Op. cit., 51.

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LE VOYAGE DES ARGONAUTES

Strabon^ Après avoir cité trois fragments de Callimaque sur l'établissement des Colques en Adriatique^, il fait allusion à des écrivains qui font remonter par les Argonautes une grande partie du cours de Flstros, ou qui se bornent à les faire passer par cette voie du Pont-Euxin dans l'Adriatique. Les premiers, à son avis, ignorent complètement la géographie, et Timagétos se trouve parmi eux ; mais l'opinion des seconds n'est pas entièrement absurde. Comme l'ont vu Nicole et de Wilamowitz^, Strabon oppose Callimaque à ces deux groupes d'écrivains plus ou moins incompétents en géographie : on doit en conclure que le maître d'Apollonios avait fait revenir les Argonautes et aussi les Colques par l'itinéraire le plus conforme aux données de la science géographique, c'est-à-dire par le Bosphore. Mais on ne voit pas comment Callimaque, au lieu de faire rentrer les héros du Bosphore et de l'Hellespont en Thessalie, les conduisait en Adriatique et à Corcyre, où ils étaient rejoints par les Colques.

Dans un fragment des Aitia publié par de Wilamowitz d'après un papyrus de Berlin et mieux interprété par Pfeif fer*, Aiétès maudit les Grecs lorsque les Argonautes quittent la Colchide. Un a tre fragment très mutilé a pour sujet un débat entre Alkinoos, les Colques et les Argonautes sur le

sort de Médée : la scène se passe donc à Corcyre^. On ne sait s'il faut rattacher aux Aitia, comme l'a fait Schneider®, quelques vers sur les nymphes de Libye : par suite nous ignorons si Callimaque conduisait les Argonautes dans cette contrée : à l'exception du passage par le Bosphore et d'ime

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