Et. deByz.; Elym. M.) Arg. Orph., 463; V. Fl., II
La mer Egée
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qu'après avoir emprunté ce détail à Cléon de Courion, Apollonios l'a transmis à ses imitateurs.
D'après Cléon de Courion et le scoliaste, Dolops avait son tombeau à Magnésia, sur le rivage. Apollonios a modifié cette tradition : il raconte que le rivage où les Argonautes ont abordé fut appelé après leur passage Aphétai Argous, c'est-à-dire lieu de départ d'Argo, nom qui subsiste encore de son temps^ Sur ce point, Apollonios est en désaccord avec les historiens et les géographes. Hérodote et Strabon placent Aphétai au sud de la Magnésie, à l'entrée du golfe de Pagasai, à l'est de la Trikéri moderne et près du cap actuel d'Anaphou^; c'est là que s'abrita la flotte perse assaillie par une tempête au cap Sépias, avant la bataille d'Artémision. Aphétai se trouve ainsi près du cap Tisaié d' Apollonios et non au nord du cap Sépias. Le poète a donc raison de placer sur la côte orientale de Magnésie le tombeau de Dolops, mais il croit à tort qu'Aphétai se trouve dans ces parages. L'étymologie de ce mot n'est pas une invention d'Apollonios. D'après le Mariage de Keyx, attribué à Hésiode, Aphétai serait ainsi nommée à cause de l'abandon (àçeaiç) d'Héraclès par les Argonautes, tradition reprise par Phérécyde, Antimaque et Posidippe^ Mais Apollonios, suivi par Strabon, considère ^Aphétai comme un « lieu d'où partit » Argo : cette explication se trouvait déjà dans Hérodote*. On constate que, dans le même passage, Hérodote a parlé de la Magnésie, du cap Sépias, de l'île Skiathos, d' Aphétai et de l'étymologie de ce mot : on peut donc admettre qu'Apollonios, en décrivant ces lieux, s'est souvenu du récit de l'historien.
1. I, 591. Cf. Stender, de Argonaularum ad Colchos usqae fabulae hisloria critica, p. 27; Walther, op. cit., p. 32-33; Bursian, Geogr. von Griechenland, I, 101; P.-W., art. Aphelai.
2. Hdt., VII, 193, 196; VIII, 4, 6, 8, 11, 12, 14; Strab., 374, 38.
3. Scol. A. Rh., I, 1289; cf. Preller-G. Robert, op. cit., III, 790