III, 234; cf. Pd., N., I, 67; /, VI
LA MER EGEE
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i e cap de Canastron (aujourd'hui Pahouri), termine à l'est la presqu'île de Palléné; il était cité par Hérodote, Thucydide et Skylax\ La rencontre nouvelle d'Apollonios avec Hérodote ne doit pas nous étonner : depuis qu'ils sont sortis du golfe de Pagasai, les Argonautes suivent en sens inverse l'itinéraire de la flotte perse au temps de Xerxès; le poète ne l'a pas oubUé.
Continuant leur route vers l'est, les compagnons de Jason voient apparaître le mont Athos le lendemain matin. Sur cette montagne fameuse, déjà connue d'Homère^, le poète donne des renseignements aussi curieux qu'absurdes : elle est si élevée que l'ombre de son sommet s'étend sur Lemnos même jusqu'à Myrina, alors que la distance de l'île à la I: ontagne est égale à celle qu'un navire de charge peut parcourir depuis le lever jusqu'au miUeu du jour. De l'Athos à Lemnos, il y a 45 milles environ, soit à peu près 65 kilomètres. D'après un calcul célèbre d'Hérodote^, un navire, de jour, parcourt 70.000 brasses au plus, soit 700 stades, environ 131 kilomètres; or la distance indiquée par Apollonios correspond bien à la moitié de ce chiffre*.
La hauteur de l'Athos étant de 1935 mètres, Apollonios prétend que l'ombre de cette montagne atteint l'île de Lemnos ! Cette étrange affirmation, qui se trouvait déjà dans un fragment de Sophocle, est répétée sans contrôle par Phne l'Ancien et Etienne de Byzance^ Phne précise que l'ombre de l'Athos s'étend jusqu'à Myrina pendant le solstice d'été et l'auteur d'une récente monographie sur le mont Athos déclare à son tour que « ce fait, déjà constaté dans l'antiquité, se vérifie réellement aux équinoxes {sic)
1. Hdt., VII, 123; Soph., d'après Et. Byz., v. KavaCTTpatov ; Thuc, IV, 110; Skyl., 66. Cf. Lycophr., 526; AnlhoL, XI, 63; Strab., 278, 45; 279, 17, 24, 33; T. L., XLIV, 11, 3.