Cf. Walther, p. 34. sq
5. Soph., frg. 348; Pun., H. N. IV, 23; Et. db Byz., v. "A6co;.
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LE VOYAGE DES ARGONAUTES : L ALLER
d'été, OÙ pendant quelques instants l'ombre touche la terre de l'îleM).
Naviguant toujours vers l'est, les Argonautes, au coucher du soleil, atteignent Lemnos, où ils abordent non loin de Myrina, sur la côte occidentale de l'île, ville déjà citée par Hécatée et Hérodote^ Sur la géographie de Lemnos, le poète donne quelques renseignements. Myrina est la capitale de l'île, puisque la reine Hypsipylé l'habite; sous le nom de Kastro, c'est aujourd'hui la résidence des autorités. L'île est rocailleuse, xpavor/,, dans la région où abordent les héros^ mais très fertile, surtout en blé; aussi pourrait-elle nourrir une no ibreuse population*. Elle avait pour habitants des Sintes ou Sinties lors du passage des Argonautes ^ Ce renseignement est à retenir, car il montre chez notre poète le souci de l'exactitude historique. Les Sinties sont un peuple thrace qui avait colonisé Lemnos pour la première fois. Ils sont cités comme habitants de l'île par Homère et Strabon*. L'auteur de ^'Iliade, on l'a déjà vu, connaissait probablement le séjour des Argonautes à Lemnos puisqu'il cite un certain Eunéos, fils de Jason et d Hypsipylé. C'est sans doute à Homère qu'ApoUonios a emprunté l'allusion aux Sinties de Lemaos mais il y ajoute des renseignements plus complets. Les Sinties, peuple pillard, ravagent souvent les côtes de Thrace et en ramènent des captives. Le poète cite à plusieurs reprises le culte d'H^phaistos à Lemaos' : il suit la tradition homérique, d'après laquelle les Sinties de l'île, qui recueillirent ce dieu tombé de TOlympe, lui étaient particulièrement chers^ Ce culte n'a rien de surprenant dans une île
1. F. Perill.\, Le Mont Athos, Paris, 1927, préface, n. 4, p. XV.