EXCENTRICITÉ FRÉQUENTE DES CAPITALES
Le grand nombre des capitales maritimes, qui sont par la nature des choses des villes-frontières, indique déjà que dans beaucoup de cas le centre politique de TÉtat n'est placé, ni au centre géographique du territoire, ni même au centre des masses de peuplement. L'étude des capitales continentales prouve qu'un nombre important de celles-ci sont également excentriques : telles sont les villes de Paris, Belgrade, Téhéran, Pékin et beaucoup d'autres : nous citons de préférence des capitales naturelles peu à peu édifiées et cimentées par révolution historique. En dernière analyse, les capitales centrales sont Texception précisément dans les Etats centralisés de formation ancienne : la centralisation n'entraîne point le centralisme, au contraire; et réciproquement, le centralisme ne suffit pas toujours à assurer la centralisation, comme le montre l'exemple de Madrid. C'est seulement dans les capitales des Confédérations modernes que le centralisme devient ou tend à devenir une règle assez constante ; c'est au point de vue de ces Etats que Ratzel a raison quand il affirme la tendance moderne au centralisme des capitales ; mais il a tort lorsqu'il estime que cette tendance est générale'. Au contraire, les capitales les plus vivantes et les plus solidement assises des vieux Etats sont des capitales excentriques, situées toujours loin du centre géographique, souvent loin du centre du peuplement, sur les frontières maritimes ou non loin des frontières terrestres. Le centre géographique de l'Angleterre se trouve près de Birmingham ; les grandes masses de peuplement gravitent autour de Liverpool et de Manchester ; la capitale politique est à Londres, près de la mer. En Allemagne, le centre géographique se place entre Magdebourg et Brunswick, et les zones de densité maxima sont les pays rhénans-westphaliens ; la capitale