LIAISONS ATLANTIQUES
grandes routes de la mer ; mais il ne fait aucune concurrence sérieuse au canal de S"uez\
La plupart des routes nouvelles amorcées par Panama, telles qu'elles sont énumérées et calculées par le Bureau Hydrographique des Etats-Unis, intéressent surtout la navigation américaine ou la navigation étrangère entre ports américains du Nord, du Sud et de TOuest, dans le triangle New-York-Valparaiso-San Francisco. Tandis que le canal de Suez, tracé au point de rencontre de trois mondes différents, établit de nouvelles relations non seulement entre les nations, mais entre les races, le canal de Panama, tracé au cœur de l'Amérique, ne fait guère que souder plus étroitement l'une à l'autre l'Amérique latine et l'Amérique anglo-saxonne, déjà unies par de nombreux liens. Le canal sert les visées politiques des Etats-Unis, et c'est avant tout aux Américains du Nord et du Sud qu'il sera utile au point de vue économique.
La seule faiblesse actuelle de la puissance américaine, par rapport au canal de Panama et à ses routes, c'est le manque relatif d'escales et de dépôts de charbon dans l'immense vide du Pacifique, entre Panama, l'Asie méridionale, l'Australie et la Nouvelle-Zélande. Les îles Samoa ne suffisent pas aux Etats-Unis pour cette fin, et elles sont assez mal placées.
Du côté de l'Atlantique, les escales-stations de charbon sont devenues inutiles, comme le montre la décadence de Saint-Thomas. Il n'en est pas de même du côté du Pacifique, oh les distances sont doubles, en moyenne, entre les continents opposés. Ainsi, sur la route de Saint-Nazaire à Sydney par le canal, on parcourt 4917 milles dans l'Atlantique, 7 794 milles dans le Pacifique. Une escale au moins est nécessaire, dans les conditions normales actuelles, sur la longue route du Pacifique. Les îles françaises des Marquises, de Tahiti et de Râpa sont merveilleusement placées pour servir d'escales. Les accords présents et futurs entre la France et les