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LES ANCIENS DÉTROITS TURCS

Quand éclata la guerre de 1914, TEmpire ottoman était encore le garde-clefs, au nom de TEurope, d'une liaison maritime que les jalousies et l'équilibre d'impuissance des nations européennes tenaient fermée : la route des Détroits turcs, les Dardanelles et le Bosphore, qui sont la voie tracée par la nature entre la Méditerranée, l'Europe orientale et les prochaines terres d'Asie.

Le geôlier de la mer Noire a été chassé, ou le sera ; le passage s'est ouvert tout seul ; personne ne s'avisera de le refermer. La route maritime nouvelle paraît exactement symétrique de la route de la Baltique et de la mer du Nord. L'équilibre politique à établir dans la mer Noire paraît aussi du même ordre que celui qui surgira dans la Baltique. Ici et là, la société politique de demain doit exclure toute prépondérance exclusive d'un Etat.

Mais, aux Détroits turcs, la question est plus complexe.

Sur ce point si particulièrement délicat du Bosphore, la route maritime est croisée par la diagonale terrestre dont les Allemands avaient fait leur route principale d'expansion vers rOrient : c'est la route « Hambourg-Bagdad » ; défunte comme route d'impérialisme germanique, elle s'ouvrira comme voie économique.

Il convient donc de considérer, d'abord à part, puis dans leurs connexions possibles, la route maritime et la diagonale terrestre.

Les rivages de la mer Noire sont ou seront demain, en faisant abstraction du Bosphore, aux mains de puissances de fait qui deviendront des puissances de droit, là où elles ne le sont pas encore. Au point de vue du degré de force, elles seront à peu près du même ordre : de grands Etats secondaires,

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