I. Fr. Ratzel, Polif. Geogr., 2'»Aufl., p
LIAISONS MARITIMES
de voyageurs désireux d'éviter la température torride de la mer Rouge et les moussons de la mer d'Oman. On sait que les marchandises de valeur et de faible volume ont tendance à suivre, en partie au moins, le même chemin que les voyageurs.
Une voie ferrée de liaison vers la Mésopotamie, vers l'Iran et peutêtre vers l'Inde pourra rendre à la Syrie, en partie, l'éclat et l'activité de l'ancien emporiurn phénicien de Sidon et de Tyr. Cette voie ne pourra atteindre la côte syrienne qu'entre Haïfa et Alexandrette, sur la zone où la France est intéressée à faire valoir ses droits. Aucun point n'est absolument désigné à l'avance : la côte de Syrie, à ce point de vue, a quelque analogie avec la côte occidentale du Maroc. Alexandrette pourrait devenir le Tanger de la Syrie ^, si ce pays devenait une zone de pénétration fréquentée vers l'Asie antérieure, comme Tanger est le point désigné par la nature pour la pénétration marocaine.
La valeur de cette route terrestre vers TOcéan Indien, précieuse comme la route de Suez, devrait déterminer la France à ne pas laisser tomber en désuétude Tantique patrimoine de prestige, de civilisation et de langue qu'elle possède en Syrie plus encore qu'à Constantinople. Cette suprématie intellectuelle et morale, née au temps des croisades, s'est constamment fortifiée depuis le temps des Capitulations jusqu'à celui de l'autonomie du Grand-Liban. Elle doit concourir à préserver de toute prépondérance un peu trop exclusive la grande liaison maritime et terrestre de la Méditerranée à l'Inde.