Nombre de Japonais en résidence aux Etats-Unis
1880 HS
3. J. W. Gregory, The geographlcal factors that control the dccelopment of Australia [Geogr.Joiirn., 1910, I, 658-682). Voir p. 6-8.
4. 97 000 Japonais et 22 000 Chinois aux Hawaii, contre 70 000 indigènes et seulement 13 000 Américains.
LE PACIFIQUE
de traversée. La route récemment inaugurée de Panama à Auckland mesure 6 i6o milles.
Les îles françaises du Pacifique tropical, Marquises, Pomotou et Tahiti, paraissent les mieux placées pour servir d'escales, presque exactement à mi-chemin des côtes d'Amérique et d'Australie.
Mais l'avantage que nous assure la position de nos établissements pourrait bien n'être que temporaire. Il serait dangereux de trop faire fond sur lui pour l'avenir. Les escales du Pacifique sont destinées à sauter comme les autres ^ Malgré l'immense étendue de l'Océan, un jour viendra où les bateaux n'auront plus besoin de s'arrêter nulle part entre San Francisco, Vancouver ou Panama, et Sydney ou Auckland.
En dernière analyse, les chances de conflits prochains sur cette troisième zone politico-géographique du Pacifique sont dispersées et atténuées. Il en est de même pour la quatrième zone.
IV. Du lo' lat. N. au 5o° lat. S., et des côtes d'Amérique au i3o^ long. O., l'Océan Pacifique forme un immense bassin à peu près vide de toutes terres, comme le bassin du Nord. Les eaux froides du courant de Humboldt et la disparition des formations coralliennes donnent le signalement physique du Pacifique sud-américain. Son signalement politique n'est pas moins net.
Depuis le Mexique (que nous négligeons, car nous le considérons comme entraîné de longue date dans l'orbite nordaméricaine, malgré les résistances sporadiques de l'anarchie hispano-indienne), jusqu'au cap Horn, en un immense arc de cercle développé sur 65° de latitude ou 8900 milles, se succèdent les États les plus nombreux et les plus faibles de l'Amérique latine, qui occupent la lisière littorale de la Cordillère et s'étendent vers l'intérieur autant que la Cordillère elle-même, et en tout cas peu au delà ou peu en deçà.
I. Sur la loi géographique qui fait sauter les escales à mesure que la circulation devient plus rapide et plus active, voir Fr. Ratzel, Polit. Geogr., 2'" Aufl., p. 662-004.
LIAISONS MARITIMES
Les six républiques de rAmérique centrale, les États- Unis de Colombie, TEquateur, le Pérou et le Chili forment un ensemble de territoires grand comme huit fois la France et peuplé seulement de i5 millions et demi d'habitants, ce qui donne une densité kilométrique variant de 2 à 8 au kilomètre carré, et un peu supérieure seulement dans quelques régions d'étendue restreinte, comme le Salvador et le Guatemala. Ce sont des demi-déserts. La façade maritime, avec ses ports et ses villes côtières, fait illusion. A Tintérieur, il n'y a pour ainsi dire personne.
La dispersion et la faiblesse politique des Etats de la Cordillère ne sont pas moins frappantes que la rareté de leur matériel humain. Ces dix républiques du versant pacifique rappellent, avec la circonstance aggravante d'une population peu nombreuse, les anciens Etats jaunes de rindochine et de l'Insulinde, que leur dispersion et leur impuissance ont fait passer sous la domination européenne. Ce seul rapprochement montre qu'il ne faut pas accuser uniquement, en Amérique, l'indolence espagnole et le métissage hispano-indien. La Cordillère est responsable, comme en Insulinde et en Indochine les rides montagneuses qui les hérissent jusqu'au bord de la mer. La Cordillère fait de tous les Etats du Pacifique sud-américain des Etats de montagnes, donc des Etats fractionnés, sans cohésion, souvent privés de contact direct par terre et orientés vers une vie locale. Par ce fractionnement, la Cordillère ellemême prépare tous ces Etats à recevoir, comme ceux de l'archipel asiatique une impulsion étrangère et même une impulsion lointaine.
Mais, jusqu'ici, ces Etats ont été préservés de toute impulsion énergique de ce genre par leur grand éloignement, par rapport aux foyers de l'activité et de l'expansion humaines : Eurofie, Etats-Unis, Extrême- Orient. Ils étaient loin de tout. Ils étaient de l'autre côté de la terre. Malgré leurs querelles entre eux, ils ont donné au cours du xix'' siècle l'image d'un monde où la civilisation européenne s'était stabilisée et immobilisée. Un seul, le Chili, progressait.
Telle était la situation, lorsque sont intervenus successivement rémigration sino-japonaise, et le canal de Panama.
Les Chinois et les Japonais viennent nombreux, les premiers depuis un demi-siècle, les seconds depuis une vingtaine d'années seulement. Par les places vides et par le genre de
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vie qu'ils peuvent offrir, le Chili et le Pérou conviennent particulièrement aux Asiatiques'.
La voie d'eau de Colon à Panama met toute la côte de l'Amérique du Sud sous le contrôle direct et rapproché des Américains du Nord, et notamment des grands États producteurs de l'Est des Etats-Unis. Le raccourcissement des distances est énorme, car le yS^ de long. O. de Greenwich, qui est à peu près le méridien de New-York et à peu de distance duquel se trouve le canal de Panama, est aussi à peu près le méridien de la côte développée du Nord au Sud de l'Amérique du Sud tournée vers le Pacifique.
Les Américains du Nord et les Jaunes d'Extrême-Orient se retrouvent ici en présence. Mais le théâtre de rivalités constitué par les États de la Cordillère est bien éloigné des bases d'action des États-Unis, du Japon et de la Chine. Il est donc à présumer que nous ne verrons dans cette partie du globe que les répercussions affaiblies des explosions de conflits qui se développeront ailleurs.
I. Asiaticos, c'est le nom que l'on donne, au Chili et au Pérou, atout ce qui est Chinois ou Japonais. En 1907, 'Walle les chiffrait à 35 000 pour le Pérou. Une énorme augmentation s'est fait sentir depuis quelques années : en 1918, on portait à 300000 le nombre des Asiaticos du Pérou (dépêche particulière d'Amsterdaip, 9 aoiit 1918). Cela fait au moins 7 p. 100 de la population totale du Pérou.