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Il ny a plus de races pures au sens rigoureux du mot

2. — Contrastes entre la distribution géographique actuelle des peuples des

Balkans et les réalités anthropologiques.

3. — Altérations volontaires et conscientes de la « race ». Bektachis et Deunmés.

\. — IL N'y A PLUS DE RACES PURES AU SENS RIGOUREUX DU MOT.

Il y a des Blancs, des Noirs, des Jaunes, des Rouges... Une lutte s'annonce de plus en plus violente entre les divers groupes de l'humanité, à mesure que la vie économique et la vie politique les contraignent davantage à se rapprocher ou à se mêler. Le Pacifique et les pays en bordure du Pacifique seront sans aucun doute le théâtre des plus ardentes rivalités entre humanités de couleurs différentes. Au chapitre précédent, on a dit comment se constituent sur les rivages orientaux du très vaste Océan ces noyaux d'hommes jaunes que les Américains désignent sous le nom d'Asiaticos. A la faveur de la guerre, les Australiens ont admis sur leur sol un certain nombre de Japonais à titre exceptionnel et par besoin impérieux de main-d'œuvre, mais ils prétendent même exclure désormais les Japonais des anciens archipels allemands pour lesquels ils ont reçu le mandat colonial... Ce sont là des faits récents. On connaît les faits plus anciens et avec quelle acuité se pose le problème des Jaunes particulièrement en Californie et d'une manière générale aux Etats-Unis. De même, aux Etats-Unis le problème noir, loin d'évoluer vers la pacification, semble être devenu plus grave : l'appel de main-d'œuvre

RELATIVISME DE LA RACE

qu'ont déterminé les industries intensives de la guerre a déplacé vers le Nord d'importantes masses nègres ; à Chicago ou à Détroit les noirs qui étaient exception avant 191 6 se comptent par dizaines de mille ; les i 5oooo noirs de Chicago groupés en une même partie de la cité constituent ce que Ton appelle « la Ceinture noire » (qui s'étend approximativement de la 22" à la 45* rue dans la direction Nord-Sud et de Cottage-Grove au chemin de fer dans la direction Est- Ouest). Aux mois de juillet et d"aoiit 1919, tandis qu'on essayait de régler à Paris le sort de l'humanité future, et que l'on y était très fort préoccupé d'assurer les droits des minorités dans les Etats de l'Europe orientale, noirs et blancs s'entretuaient sur la plage et dans les rues de Chicago^

Il y a donc des races humaines, des races zoologiques et anthropologiques, et qui sont souvent en antagonisme. On peut même déplorer que dans le conflit mondial entre les races de notre planète la race blanche ait été décimée par la dernière guerre en une mesure telle que sa situation numérique et morale vis-à-vis des autres races en a été gravement modifiée.

Mais ces races elles-mêmes constituent-elles des ensembles physiques purs et nettement délimités? Evidemment non. Il n'y a plus aujourd'hui de race pure.

Il faudrait remonter dans le passé au moins d'une vingtaine ou d'une trentaine de milliers d'années, c'est-à-dire au moins jusqu'aux temps paléolithiques, pour découvrir des groupes humains approximativement homogènes, répondant à la définition théorique de la race... Et encore, si nos connaissances étaient plus étendues, les découvrirait-on ■ ?

1. Voir Franck L. Schœll, La « Ceinture Noire» de Chicago {Revue de Paris, 15 mars

2. Il nous plaît de signaler ici le livre synthétique de tout premier ordre que vient de publier Marcellin Boule, Les hommes fossiles, Eléments de paléontologie humaine, Paris,

1921, XI -|- 491 p., 239 fig. Lire tout spécialement le chap. ix, Des hommes fossiles aux hommes actuels, p. 318-352. — Dans le chapitre m de la Géographie humaine de la France de Jean Brunhes, intitulé : Comment s'est formé le peuple de France ; ses plus loi?itaines origines ; de la diversité des races vers l'unité de la nation, on a taché de rappeler en 50 pages tous les principaux éléments ethniques, si bariolés, qui ont contribué à constituer « la nation pourtant la plus homogène de l'univers ».

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