‹ La géographie de l'histoireChapitre 174 sur 216 · Conclusion · texte numérisé non relu

Conclusion

Ce dernier chapitre doit être un dernier coup d'œil et comporter un dernier jugement analytique sur les faits politiques actuels.

L'œuvre de paix commencée en 19 18 tend à un règlement général de la géographie politique du monde pour toutes les questions soulevées par la grande guerre. A Theure où nous écrivons, le règlement est loin d'être achevé.

Le traité avec l'Allemagne a été signé à Versailles, le 28 juin 191 9 ; le traité avec TAutriche à Saint-Germain, le 10 septembre 19 19 ; le traité avec la Bulgarie à Neuilly, le 27 novembre 19 19 ; le traité avec la Hongrie à Trianon le 4 juin 1920 ; le traité avec la Turquie à Sèvres, le 10 août 1920.

Ces traités règlent le statut territorial de l'Europe de l'Ouest, du Centre et du Sud-est, ainsi que les questions coloniales. Le destin de l'Europe orientale demeure en suspens. La guerre n'est pas finie.

Cependant, il n'est pas trop tôt pour dégager l'esprit des traités. L'Entente victorieuse a donné toute sa mesure. Elle ne pourra que confirmer ses vues, si elle demeure forte, ou se déjuger totalement, si elle s'affaiblit ou se dissout. Elle ne

CONDITIOyS DE LA PAIX POUR L'ÉQUILIBRE

peut entrer de son plein gré dans une voie politique nouvelle : elle s'est trop engagée dans celle qu'elle a prise.

Les traités signés sont une forêt hérissée de prescriptions et de décisions d'une variété extrême. Ils touchent à tout. Par là ils donnent une idée saisissante de l'interdépendance sans cesse accrue où vivent les sociétés politiques. Mais nous ne pouvons faire l'analyse et la critique, même générales, de ces instruments touffus. Nous devons, pour notre part, considérer seulement ce qui intéresse la géographie, c'est-à-dire la répartition des territoires, des populations et des ressources économiques, ainsi que le régime des voies de communication dites internationales.

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