LES MANDATS COLONIAUX
Le règlement des questions soulevées par la guerre, hors du territoire de TEurope, a été plus facile que celui de la guerre européenne. Il a été plus simple aussi. Mais il n'est pas certain qu'il soit plus heureux. L'appétit de conquêtes, que les puissances maritimes victorieuses ont su réprimer dans le règlement européen, s'est donné carrière au delà des mers, d'une manière que l'avenir jugera sans doute excessive.
On se souvient que les Allemands annonçaient comme un de leurs buts de guerre, et comme le plus avouable sans doute puisqu'ils y revenaient avec insistance, la liberté des mers, sans dire au juste ce qu'ils entendaient par là.
Les traités ne disent pas un mot de cette question ; le pacte delà Société des Nations n'en parle pas davantage. Cela se comprend. Par leur nature, les mers sont et demeurent libres en temps de paix ; l'effondrement de la Turquie, ancienne maîtresse des détroits, a fait tomber les barrières de la dernière mer fermée, la mer Noire. En temps de guerre, les océans deviennent tout de suite un domaine réservé des puissances pourvues des plus grandes flottes de combat. Celles-ci, qui sont les puissances victorieuses de la grande guerre,