LE SUPERÉTAT : SOCIÉTÉ DES NATIONS
lation ouvrière et industrielle de TEurope centrale devait être, dans le présent et encore plus dans l'avenir, une des grandes consommatrices et utilisatrices des matières premières monopolisées. Pour les obtenir, elle devra désormais s'adresser à ses ennemis de la veille, qui pourront lui imposer des prix de monopole, et qui n'y manqueront pas. On verra ainsi se transporter, sur le terrain de la lutte entre les États, la lutte sociale séculaire du capital et du travail. Nous estimons qu'il eût été plus habile de laisser aux vaincus, avec toutes les garanties nécessaires, une part des richesses qui leur ont été enlevées en bloc. En leur facilitant ainsi le travail et les conditions d'existence, on eût atteint un double but : les peuples de l'Europe centrale auraient plus aisément accepté leurs nouvelles destinées politiques ; les indemnités à longue échéance, qu'ils doivent pour réparer les conséquences de leur agression, auraient été plus facilement obtenues.