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D'APRÈS DÉCHELETTE

FiG. 6. — Les principaux dépôts d'objets de bronze sur le territoire qui

EST aujourd'hui CELUI DE LA FrANCE, Y COMPRIS l'AlSACE-LoRRAINE.

Or l'on n'a trouvé des faucilles de bronze que vers l'Est, c'est-à-dire dans la zone où les dépôts sont de beaucoup les moins nombreux.

« Le premier principe géographique que doit utiliser la préhistoire est le principe d'étendue. Dans l'étude de l'évolution des faits préhistoriques, on ne tient pas assez compte de l'idée d'espace ; on fait dériver,

GÉOGRAPHIE ET HISTOIRE DES ORIGINES

par exemple, tel harpon azilien trouvé en Ecosse de pièces du même genre des Pyrénées. Il importe, avant de supposer ces filiations lointaines, de bien délimiter chacune des formes, de trouver des jalons entre les points éloignés, de tracer la zone optimum oii tel fait est normal et la zone limite où ce fait devient anormal et sporadique.

« La préhistoire a donc besoin de cartographie : carte de l'extension de tel outil ou de telle forme d'art ; par exemple, carte des microsilex géométriques, carte des gravures à contours découpés (fréquentes surtout dans les Pyrénées, tout à fait exceptionnelles dans le Nord : le poisson

du Chaffaud) cartes reproduisant le peuplement de chaque époque et

sous-époque suivant la méthode des cartes paléogéographiques d'A. de Lapparent ; cartes successives et séparées montrant les modifications dans le peuplement; les époques à peuplement plus dispersé (chelléen, acheuléen) ; celles au contraire où les hommes s'amassaient dans des coins privilégiés, versants bien exposés, petits bassins abrités (les Eyzies, Brive, Bruniquel, vallée de la Cure au paléolithique supérieur). On y verrait encore l'importance des terrains calcaires, du fameux 8 des calcaires jurassiques et des calcaires crétacés, comme zones d'habitation et de circulation ; voire même cartes de densité dressées après des recherches aussi complètes que possible sur un espace restreint qui seraient comme des échantillons-témoins : telle la carte que nous avons exécutée du peuplement néolithique sur l'étendue de deux communes limousines. Certaines époques apparaîtraient comme ayant un peuplement relativement faible (solutréen, azilien) soit à cause de leur peu de durée, soit à cause d'un réel dépeuplement; cartes aussi des grottes où tel et tel niveaux ne sont pas représentés. On cherchera la cause de ces dépeuplements partiels et momentanés. Comment expliquer: l'absence du paléolithique supérieur sur les côtes, le manque à peu près complet du même paléolithique supérieur sur les terrains cristallins (Bretagne, Vendée, Limousin, Morvan)... — altitude ? absence de silex? etc.. — la rareté du magdalénien dans le bassin de Brive, et au contraire l'abondance de l'aurignacien ?...

« Sont-elles de vraies époques ou de simples civilisations locales toutes ces petites industries qui préludent au néolithique : azilien, tardenoisien, campignien, industrie des Kjokkenmoddings, et même, peutêtre, le solutréen qui est étrangement lié en France au pourtour du Massif Central.

« La préhistoire a donc, elle aussi, ses frontières correspondant sans doute à des réalités naturelles; il faut les découvrir et surtout en rechercher les déplacements. Peut-être serait-il fructueux d'utiliser ici la grande classification des zones d'humanité basée sur les zones climatériques (voir Jean Brunhes, La Géographie hiimaiiic, 2^ édit., p. 315, fig. 118 et 1 19). »

GÉOGRAPHIE ET PROTOHISTOIRE

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