COEFFICIENT S TA TIS TIQ UE
probabilités et la méthode des majorités ' ; Le calcul des probabilités et la mentalité individualiste ' ; Un paradoxe économique^ le sophisme du tas de blé et les vérités statistiques \ Dès que les statisticiens ne se contentent plus de compter, et dès qu'ils essaient de prévoir, ils formulent des vérités qui ont cette singulière et non moins réelle valeur de prendre appui sur la théorie des probabilités.
« L'idée que je voudrais dégager, dit É. Borel, c'est que la réponse mathématique à donner à bien des questions pratiques est un coefficient de probabilité. Une telle réponse ne paraîtra pas satisfaisante à bien des esprits, qui attendent des mathématiques la certitude. C'est là une tendance très fâcheuse ; il est extrêmement regrettable que l'éducation du public soit, à ce point de vue, si peu avancée ; cela tient sans doute à ce que le calcul des probabilités est à peu près universellement ignoré, bien qu'il pénètre chaque jour davantage dans la vie de chacun (assurances diverses, mutualités, retraites, etc.) Un coefficient de probabilité constitue une réponse tout à fait claire, correspondant à une réalité absolument tangible. Certains esprits' maintiendront qu'ils « préfèrent » la certitude ; ils préféreraient peut-être aussi que 2 et 2 fissent 5.
« Si la notion de vérité statistique devenait familière à tous ceux qui parlent ou écrivent au sujet de questions où la vérité statistique est la seule vraie, bien des sophismes et bien des paradoxes seraient évités \ »
Il ajoute même : « Beaucoup d'esprits, par ailleurs excellents, s'imaginent qu'il n'est de vérités que des vérités particulières, auxquelles ils donnent le nom de faits : en débarquant à Douvres j'ai aperçu trois Anglais dont la taille dépassait deux mètres, ceci est un fait ; mais c'est un fait sans intérêt, tandis que la proposition suivante : la taille des