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Un paradoxe économique, art. cité, p

FONDEMEiXTS DE LA GEOGRAPHIE SOCIALE

Anglais est inférieure à deux mètres, n'exprime pas un fait, mais la moyenne d'un ensemble de faits, et c'est vraiment une vérité scientifique. »

Dans un autre mémoire, Emile Borel. écrit encore : « Le développement des théories physiques modernes met en évidence chaque jour davantage cette vérité, d'abord entrevue par Maxwell, que la plupart des lois physiques, sinon toutes, sont des vérités statistiques, c'est-à-dire exprimant un résultat global relatif à des phénomènes trop nombreux et trop complexes pour que l'analyse détaillée en soit possible. Si ces lois statistiques sont plus précises que les lois de la statistique démographique, c'est simplemeuit parce que le nombre des individus, qui sont les molécules ou les électrons, est autrement grand que le nombre des individus humains, et Ton sait que la précision d'une évaluation statistique est, en gros, proportionnelle à la racine carrée du nombre des individus. C'est ainsi qu'un statisticien pourra prévoir avec certitude combien il y aura de naissances à Paris la semaine prochaine à lo p. loo près, tandis qu'un physicien connaîtra la masse de gaz occupant un volume donné à une température et à une pression donnée, avec une précision de o,i ou 0,01 p. lOO... » Et, déplorant justement la persistance avec laquelle on critique, au nom de la vérité absolue, une foule de méthodes ou d'institutions qui ne peuvent prétendre au mieux qu'à la « vérité statistique », E. Borel conclut : « Dans les sciences sociales, au sens le plus large du mot, la méthode statistique s'impose le plus souvent comme la seule possible et rend assez de services pour qu'on n'ait pas à regretter de n'avoir point, dans bien des cas, d'autre méthode scientifique. Et cela est vrai, non seulement dans les questions innombrables qui se rattachent à la prévoyance sociale, mais aussi dans les sciences plus désintéressées, plus éloignées de la pratique, telles que la philologie, la linguistique, l'histoire de l'art, l'histoire littéraire, etc. » ^

I. E. Borel, La théorie des probabilités ci rédncation (dans le volume : Hommage a Louis Olivier, Paris, 191 1, p. 37-40).

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