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Woeikof, art. cité, p. 2-;i

IMPORTANCE GÉOGRAPHIQUE

des oiseaux ; ils ne sont pourtant que la minorité, et ces pseudo-végétariens mangent eux-mêmes des poissons et autres animaux aquatiques.

Tous les peuples que nous appelons sauvages se nourrissent plus ou moins de la chair des animaux qu'ils réussissent à capturer ; nous ne connaissons aucun peuple sauvage qui se nourrisse entièrement de végétaux; beaucoup de peuples vivent principalement, quelquefois même entièrement, de poissons et de mammifères. Les peuples polaires (Eskimos, Tchouktchis pécheurs), viennent, sous ce rapport, au premier rang. La nourriture de ces peuples contient une très forte quantité de graisse. Passant des heures entières à la pèche ou à la chasse des mammifères marins par de grands froids, ils ont besoin d'une alimentation réconfortante ; or, la graisse, comme on sait, est l'aliment calorifique par excellence.

En plusieurs régions du globe, des luttes très curieuses se sont produites entre les prescriptions de certaines religions et les conditions de travail ou les nécessités de la vie. A Geylan, en Birmanie, au Siam même, des bouddhistes mangent du poisson. Ces bouddhistes ont trouvé un biais pour avoir Fair de ne pas transgresser le précepte de Çakya Mouni : ne tuer aucun être vivant. Les pêcheurs, ayant pris un poisson, le posent à terre; il crève, mais ce n'est pas leur faute, ils ne l'ont pas tué. « Quant au reste du peuple, il méprise les pêcheurs, mais mange les poissons. »

Il n'en reste pas moins certain que près de 200 millions d habitants de l'Inde s'abstiennent entièrement de viande.

Tous les pasteurs nomades sont carnivores, et ceux qui sont bouddhistes, comme les Tibétains, ne font pas exception à la règle.

C'est dans les pays anglo-saxons et, entre tous, dans l'Australie, que la consommation de la viande par tête d'habitant est la plus forte. L'accroissement de la consommation générale de viande est effectivement en rapport avec les progrès de l'élevage et avec la grande révolution agronomique dont nous avons parlé plus haut (chap. m).

L'alimentation carnée a soulevé de violentes discussions

GÉOGRAPHIE AUMESTAIRE

théoriques et pratiques ; Woeikof, qui était un végétarien convaincu et militant, signale au passage ces divers problèmes. Parmi les conclusions du remarquable géographe russe, citons celles-ci :

Des expériences récentes extrêmement exactes ont prouvé que Thomme a besoin de beaucoup moins d'albumine que l'on ne l'admettait auparavant ; les médecins et hygiénistes préconisaient l'usage de la nourriture animale, parce quelle est plus riche en albumine; puisqu'il est prouvé qu'il nous faut bien moins d'albumine, le règne végétal suffit parfaitement à notre alimentation.

La viande contient des poisons, et l'homme s'en passera de plus en plus; la nourriture végétale se prête beaucoup plus que la nourriture animale, soit à être mangée crue, soit à être transformée en des usines, dans un état immédiatement comestible et durable...

Le lait et le laitage ne contiennent pas les poisons que contient la viande, mais c'est une nourriture chère, et Ihomme à l'avenir s'en passera probablement et les remplacera par des produits végétaux riches en albumine et en graisse, et donnant la graisse à l'état d'émulsion. Le lait maternel est indispensable à l'enfant pour une bonne santé, mais le lait d'animal ne lui est pas nécessaire après le sevrage...

"Woeikoff attend le jour prochain oi\ '< les immenses espaces réservés à la nourriture des animaux donnant du lait et de la viande ainsi qu'à la production de l'alcool, seront réservés à la production de nourriture végétale immédiatement comestible ». « L'application de la science à la production agricole nous procurera une nourriture végétale de bonne qualité, variée et peu coûteuse ^ » '

Le lait nous paraît indispensable à nous autres, peuples de TEurope, comme constituant une partie essentielle de la nourriture. Il faut pourtant constater que des centaines de milliers d"hommes ne font usage d"aucun lait, ni d'aucun produit dérivé du lait, et cela même dans des régions où sont élevés de très grands troupeaux. Les groupes humains qui consomment le plus régulièrement les laits et laitages sont d'abord les pasteurs de rennes des régions polaires; en second lieu, presque tous les grands nomades de l'Asie et de l'Afrique ; enfin les peuples qui ont une agriculture moderne et avancée faisant une part de plus en plus grande à l'élevage.

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