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P. Vidal de la Blache, art. cité, p

GROUPES HUMAINS SUR LA CARTE

seulement vivent dans les étendues immenses du reste de TAsie, de l'Afrique, des deux Amériques et de l'Australasie, toutes accueillantes et nourricières pour Fhomme, sauf les régions de débilitation éqiiatoriale et les régions de la faim ^ : déserts de sécheresse, déserts d'altitude et déserts subarctiques.

Le tiers de l'humanité qui ne vit pas dans les trois grandes zones de concentration est lui-même condensé, soit sur des zones plus petites, soit sur des zones assez étendues avec une moindre densité relative : ce sont le Japon, Java, TEgypte, le Soudan et la partie orientale des Etats-Unis. En dehors de ces zones existent encore quelques foyers très restreints de grande densité, souvent réduits à une ville et à sa banlieue, comme en Australasie et dans l'Amérique du Sud : Melbourne, Sydney, Rio de Janeiro, Buenos Aires. Tout le reste des continents correspond à de vastes zones de dispersion, où les groupes s'éparpillent jusqu'à l'extrême ténuité, et où même les îlots de solitude absolue ne sont pas rares.

Mais aussi se font sans relâche, d'un foyer de peuplement à l'autre, à travers les zones de dispersion et à travers les mers, des échanges d'hommes par va-et-vient ou par départs et arrivées à titre définitif ou temporaire. Ces mouvements extérieurs aux zones de concentration sont accompagnés, dans les mêmes zones, de mouvements intérieurs : ceux-ci changent sans cesse les pôles principaux de densité ainsi que le sens et la portée du fourmillement. La succession des générations et le défaut constant d'équilibre, dans un sens ou dans l'autre, entre les naissances et les décès, modifient d'heure en heure la valeur et l'importance relatives des foyers de concentration.

Pour nous guider à travers ces apparences sans cesse changeantes, nous irons du plus stable au moins stable. Nous commencerons par les zones de concentration les plus anciennement assises et les moins variables comme étendue géographique et comme valeur numérique des groupes. Nous

I. Termes heureux employés dans un travail du reste superficiel. Voir H. J. Fleure, Ri'gions humaines {Ann. de Gcog., XXVI, 1918, p. 101-174).

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PEUPLEMENT DU GLOBE : FIXATION

continuerons par les zones et foyers de concentration plus récemment établis, géographiquement et numériquement plus extensibles. Nous terminerons par les routes de mobilité et de dispersion où les hommes passent sans se fixer. Nous chercherons aussi leurs centres de départ et leurs points de distribution à l'arrivée. Ce procédé est une méthode, à condition de ne point trop le systématiser, ce dont nous gardera une préoccupation constante de la réalité.

Les zones de la première catégorie sont les zones de concentration passive, où l'importance numérique et l'encadrement géographique des groupes se trouvent sous la dépendance directe des lois naturelles. Ce sont la Chine, l'Inde, l'Egypte et le Soudan : les terres de Teau et du soleil. Ce ne sont pas les pays de la paresse, mais ceux de l'effort limité et incomplet.

Les zones de la deuxième catégorie sont les zones de concentration active, où l'effort humain corrige sans cesse à son profit les conditions générales du milieu. Ce sont les pays de la lutte et de l'effort triomphant : lutte contre la mer, contre la forêt, contre le steppe ; extension graduelle des cultures nourricières et forage du sous-sol.

Les :iones d'origine de la mobilité et de la dispersion se confondent maintenant avec des zones de concentration active, ou sont en marge de ces zones et tout près d'elles. La puissance d'expansion des masses humaines dépend de forces très diverses : tantôt elle paraît développée en raison de la puissance de travail et de production des peuples ; tantôt, au contraire, elle paraît en relation avec la rupture d'équilibre entre une prolifération active et un travail languissant ou un sol ingrat.

Les routes de la mobilité et de la dispersion ont été autrefois le steppe et les mers côtières ; aujourd'hui, c'est l'Océan qui a remplacé le steppe et les routes maritimes de lisière.

CONCENTRATION PASSIVE

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