I. Le P. Hue, L'Empire chinois, y éd., II
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une série d'oscillations avec des saillies et des creux assez prononcés. Dans Tun et dans l'autre pays, l'accroissement naturel du peuple rural a été enrayé par des forces que les Européens connaissent peu ou ne connaissent plus. La famine a pratiqué périodiquement des coupes sombres dans le peuple de Tlnde : il suffisait d'une mousson pauvre en pluies pour faire manquer la récolte de riz et de millet ; des milliers d'hommes périssaient ; il en périssait surtout aux temps où il n'y avait ni chemins de fer, ni réserves de grains. Les maladies épidémiques sèment de temps en temps la mort parmi ces populations insoucieuses de toute hygiène. Un raz de marée comme celui d'octobre 1876 balaie les basses terres du Bengale et enlève du coup 200 000 personnes. A ces fléaux se joint la sourde et constante intervention de vices sociaux aussi développés que dans l'Europe surpeuplée, par exemple l'infanticide et l'avortement', et d'autres vices que l'Europe ne connaît pas, tels que le meurtre des gens âgés et infirmes et le suicide individuel ou collectif tenu pour honorable. Les veuves qui montaient sur le bûcher où se consumait le corps de leur mari, les illuminés qui se faisaient broyer sous les roues du char de Jaggernàt obéissaient à ces forces d'arrêt du peuplement qui semblent, depuis longtemps, faire équilibre aux forces d'accroissement naturel du peuple de l'Inde. Les pluies insuffisantes, la peste, les typhons, les mœurs et les institutions sociales et religieuses concouraient à la même fin. De nos jours où l'administration britannique a mis un terme à quelques-unes des causes de dépopulation, l'émigration et le malthusianisme (au sens vulgaire de ce mot) viennent à leur tour enrayer l'accroissement.
Miss E. Semple remarque avec raison, à la suite de Malthus, qu'en dehors des îles polynésiennes où l'étroitesse de l'espace fait de l'infanticide et du cannibalisme des sortes de nécessités sociales, les pays qui ont suivi une politique