L'HISTOIRE DAXS LA GÉOGRAPHIE
résidât-il au fond des glaces polaires ou sous les rayons de feu de rÉquateur, c'est de ce côté que le monde intellectuel inclinerait. C'est là que toutes les idées, toutes les tendances, tous les efforts ne manqueraient pas de converger, et il n'y aurait pas d'obstacles naturels qui pussent empêcher les denrées, les produits les plus lointains d'y arriver à travers les mers, les fleuves et les montagnes. »
Revendiquer ou plutôt établir les droits de la géographie humaine à devenir, par son développement logique, une géographie de l'histoire ou géographie politique, exige qu'on échappe à la séduction du style magnifique et de l'explication trop simpliste et systématique de Taine, et qu'on échappe pareillement aux doctrinaires des influences ethniques.
Il importait de confronter d'abord et d'opposer ces interprétations extrêmes des modalités de l'activité humaine à la surface de notre terre, interprétations qui se recommandent pourtant de si grand noms : on conviendra plus aisément que tout ce que nous cherchons à exposer et à préciser n'est pas aussi évident que d'aucuns le pourraient croire et l'on considérera comme légitime notre premier devoir, qui est de suggérer brièvement, par quelques faits très clairs : comment l'histoire se traduit par la géographie; en second lieu, comment la géographie se traduit dans l'histoire; en troisième lieu, comment, dans quelle mesure et sous quelles formes les êtres humains sont des facteurs géographiques.