‹ La géographie de l'histoireChapitre 51 sur 216 · C. Vai.laux, L.i Basse-Bretagne, p · texte numérisé non relu

C. Vai.laux, L.i Basse-Bretagne, p

■5. C. Vallaux, La v. Dartmoor Forest » {A)i)i. de Géoor., XXII. 1014, p. ■î25-3;8).

COyCE.\TRAT/0.\ ACTIVE

groupe de cabanes qui deviendra le village, tandis que le steppe, lui, ne donne rien pour la fixation des familles au sol : le steppe est la terre des groupes de tentes éphémères. De plus, la cueillette et la chasse sont infiniment plus fécondes dans la forêt et sur ses lisières que dans le steppe. « Dans les forêts de la Finlande, dit Frederiksen, il y a une extraordinaire richesse de baies ou fruits sauvages : framboises, mûres de ronces, fraises, airelles ou myrtilles noires, myrtilles rouges ou canneberges, mûres naines ou moultes. Dans beaucoup d'endroits, les paysans et les petits métayers payaient et paient encore avec ces fruits une partie de leurs rentes ou redevances '. »

On n'a pas assez insisté sur ce point : il est bon de le mettre en lumière. Le peuplement agricole ne se fait pas seulement avec le travail de la houe et de la charrue. Il est aidé d'une manière puissante par les produits de la cueillette, de la pêche et de la chasse. Souvent les bords des rivières, spongieux, semés de joncs et de plantes aquatiques, impropres à la culture et même à la pâture, ont été colonisés par des groupes stables et assez denses, à cause des ressources de la pêche. Là est Torigine de villages et même de certaines villes de nos vallées. La géographie courante explique ces groupements soit par la fertilité des vallées, soit par leur position à des carrefours de voies ou sur un point stratégique intéressant. Ces explications sont souvent en défaut, notamment la première. La fertilité des vallées fluviales est un trait saillant de la géographie française ; mais hors de France, cest un fait beaucoup moins général, et, en France même, c'est surtout un résultat acquis par un travail multiséculaire. Telle ville de rivière, connue comme point stratégique ou comme nœud de route, doit son origine à un village de pêcheurs. Tel est le cas de Péronne, sur la Somme. Ce sont les poissons de la Somme qui ont déterminé le groupement primitif de Péronne : il y avait là une vingtaine de huttes de pêcheurs

Page 1