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I. Voir fig. 20 à la fin du chapitre

PEUPLEMENT DU GLOBE : MOUVEMENT

Cela nous amène à penser qu'en étudiant le peuplement du globe, il serait vain de classer le mouvement et la fixation dans des cadres géographiques spéciaux à chaque ordre de faits ; en d'autres termes, il n'y a point de régions terrestres qui soient le domaine propre des groupes fixés, de même qu'il n'y en a pas qui appartiennent en particulier aux groupes mobiles. En divisant les régions terrestres en zones de fixation (Beharrungsgebiete) et en zones de mouvement (Bexvegungsgebiete) , Ratzel a cédé une fois déplus à ces tendances de classification systématique et le plus souvent stérile qu'il paraît avoir empruntées aux sciences naturelles purement descriptives ^ Sur la terre habitée, le mouvement est partout : partout il brasse des masses humaines de tous les ordres de grandeur; ou, lorsqu'il ne met pas les masses en branle, c'est la poussière individuelle qu'il remue et agite sans relâche. Inscrire la mobilité humaine dans un cadre géographique particulier, c'est démentir à la fois la géographie, l'histoire, et la plus simple observation courante.

Cependant il est vrai qu'à l'étude de la carte apparaissent des régions où les hommes se concentrent et s'agglomèrent : ici prédominent visiblement les forces de fixation ; sur d'autres régions, les groupes se dispersent, se fragmentent, et semblent obéir sans cesse à des tendances centrifuges : là, les forces de mouvement sont souveraines. La plus nette de ces oppositions est celle de la terre de labour et de la terre de parcours, du champ cultivé et du steppe, de l'agriculteur sédentaire et du pasteur demi-nomade, de la maison rurale et de la tente. Aujourd'hui encore, cette opposition s'accuse d'une manière vigoureuse dans l'Ancien Monde. Mais elle s'accuse plutôt

I. Ratzel reconnaît comme zones du mouvement les mers et les steppes, comme zonesyîx^trices les terres de forêts et de cultures. Il y a du vrai dans ce classement, mais que de réserves à faire ! Les mers elles-mêmes ne sont pas des zones de mouvement pour le pêcheur côtier : ce pécheur a un horizon à peu près aussi limité que le paysan. Les forêts ne sont pas des zones de fixation pour de nombreux demi-nomades sylvicoles, et -nulle part il n'y a eu un brassage de peuples aussi actif que sur les lisières forestières d'Europe. En réalité, il n'y a pas d'espace terrestre habitable qui n'ait vu ou qui ne puisse voir, tour à tour ou simultanément, des faits de mouvement bu des faits de fixation. Voir Fr. Ratzel, Politisclie Géographie, a'"! Aufl., p. 244-245.

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