‹ La géographie de l'histoireChapitre 71 sur 216 · REGRESSION DES POINTS DE DEPART · texte numérisé non relu

REGRESSION DES POINTS DE DEPART

grandes zones de départ vers Tintérieur du continent, par Tafflux nouveau des émigrants d'Italie, de Hongrie et des pays slaves ; le mouvement fut stimulé par la pénétration progressive des voies ferrées, ainsi que par les manœuvres de racolage et de réclame des gouvernements et des agences d'émigration. Aujourd'hui, ce sont les masses profondes de l'Europe paysanne qui, depuis les pointes Ouest jusqu'aux pays du Danube et de la Volga, affluent vers les ports de l'Atlantique.

Cette extension par régression des zones de départ et de déracinement ne correspond pas nécessairement à une extension des zones d'arrivée et d'établissement sur les terres nouvelles, au delà des mers. Il semble, au contraire, que ce sont des tendances opposées qui l'emportent. Les paysans d'Europe ne deviennent pas tous, ni même pour la plupart, des pionniers agricoles en Amérique. Ils recherchent souvent et recherchent de plus en plus des métiers urbains ; ils s'efforcent de s'installer, au delà de l'Océan, dans les villes ou tout près des villes ; ils laissent aux Américains d'origine la majeure partie des travaux d'extension, sur le front de défrichement des terres vierges. Aussi l'émigration moderne au delà de l'Océan, si elle tend à équilibrer la population totale des continents, ne tend point à répartir également les hommes à la surface du globe. L'émigration travaille pour la concentration urbaine ; elle dépeuple les villages et les campagnes d'Europe, pour grossir jusqu'à la pléthore les grandes villes américaines et leur banlieue \

A cet entassement des émigrants fait contrepoids en quelque manière l'extension croissante du sol approprié pour la culture, dans les zones tempérées et subtropicales de l'Amérique. Car chaque progrès de cette extension ouvre de nouvelles facilités à la dispersion humaine. Mais cela ne suffît pas à faire éclore sur les nouvelles terres des groupements ruraux aussi nombreux et aussi denses que ceux de

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