VALEUR CROISSANTE
de routes^ n'existe plus guère que dans la broussaille subpolaire et dans la jungle équatoriale, loin des régions actives et des frontières vivantes. Les marais qui subsistent encore diminuent de jour en jour dans les pays habités par une population dense ; nous savons que ces pays sont les seuls où la frontière possède une grande valeur et où une barrière naturelle de protection offre quelque intérêt.
En définitive, les fleuves et les montagnes ne sont point des frontières naturelles. Les vraies frontières de ce genre sont, avec les côtes, les déserts d'altitude, les déserts proprement dits, les forêts primitives et les marais. Les déserts d'altitude n'existent que du Kouen-Lun à THimalaya ; les déserts proprement dits et les forêts primitives sont en dehors des chaînes de grands Etats; les marais n'ont qu'une faible étendue, et ils diminuent sans cesse. Pratiquement, en dehors de rOcéan, il n'existe dans les régions actives aucune frontière naturelle entre les États. Partout les pressions de contiguïté s'exercent librement; ni les fleuves, ni les montagnes ne les arrêtent.