LIVRE PREMIER. LA PALESTINE
mesures sabbatiques, c’est-à-dire entre Ouscha et Scliefaram1, confirma cinq savants. Quand il vit arriver les Romains, il pressa ces cinq docteurs do fuir, tandis que lui resta et fut percé de trois cents flèches. »
Un certain nombre de Juifs habitent aujourd’hui l’endroit Sclte/'a Amr, au nord-ouest de Scfuriyeh, et ils y possèdent une ancienne synagogue*. L’identification de cet endroit avec le Schefaram des Talmuds est assez admissible.
N-'iN , Ouscha. Le tribunal s’était établi dans cette ville, pour laquelle il quitta Yabneh peu avant la chute de Bettar. Ouscha est sans aucun doute en Galilée3; on dit dans le Midrasch1 que les savants de la Galilée s’y rendirent sur l’invitation de R. Yehouda. Il les remercia do la peine qu’ils s’étaient donnée en venant d’une distance de dix à quarante milles. Si Ouscha avait été en Judée, les savants galiléens auraient dû taire plus de quarante milles de chemin pour y arriver. Ouscha est très-souvent citée avec Schefaram; nous avons vu3 que ces deux localités n’étaient qu’à quatre milles l’une de l’autre. Or, si l’identification de Schefaram avec Schefa Amr est exacte, Ouscha doit se placer dans la Galilée inférieure. Nous ne trouvons aujourd’hui aucune localité avec laquelle nous puissions identifier Ouscha0.
1 res ’cinn p ir6ru mi"p n» pi o^ru cnn p cjnoï^ NnN p-
- M. Schwarz, Pas heiligc Land, p. 138; cf. M. Zunz, Ilinérat » de Benjamin de Tudèlc (éd. Ascher), t. II, p. 428.
3Keland, Pa'estina, t. II, p. 1062, dit : Ubi fuerit (Uscha) in certum est. Videtur tamen, fuisse in Galilea.
1 Schir ha-Schirim, h, S.
5 Cf. ci-dessus, p. 198.
* Parhi trouve Ouscha au sud de Kaboul. M. Zunz, Itinéraire, t. II, p. 428, nomme une localité d’Elous que nous ne trouvons pas sur les cartes.
200 LA GÉOGRAPHIE Dü TALMCD
M. Schwarz1 croit le retrouver dans Usa, au nordouest de Feratlii, dans la Galilée supérieure. Cette opinion est fort contestable : ainsi nous croyons que le tribunal siégeait exclusivement dans les villes de la Galilée inférieure, car le pays supérieur était habité en très-grande partie par des païens, et pour cette raison seule on ne l’aurait pas choisi comme siège de l’assemblée.
Certains passages talmudiques établissent que le tribunal s’est transporté deux fois de Yabneh à Ouscba, quittant ainsi alternativement une ville pour l’autre. Nous reviendrons sur ce sujet important dans notre partie historique. Les institutions (Thekanoth) de l’école d’Ouscha ont une grande valeur pour l’histoire de la dogmatique des Talmuds , mais ne jettent aucune lumière sur la géographie.
lyijw n'3, Beth Sckearim fut le siège du sanhédrin après Schefaram ; Rabbi était alors le chef de l’école *. M. Schwarz3 l’identifie avec le village de Turan, au nord de Sepphoris, car, dit-il, le mot araméen mjîn rend le mot hébreu lyr. Il faut cependant se rappeler qu’au quatrième siècle encore la ville portait toujours son nom hébreu; or, à cette époque, l’araméen avait presque complètement disparu de la Palestine avec les Juifs. Comment la transformation du nom se serait-elle opérée ? Il nous semble bien plus rationnel de l’identifier avec Esch-Schayerah 4 à l’est de Sepphoris.
ion, Hefer, situé, d’après les Talmuds, à une distance moindre de douze milles de Sepphoris. Ainsi l’on
i Das heilige Land, p. 1 38.
- Toi. de Bab., Sanhédrin, 32 b.
3 Loc. rit., p. 138.
1 Cf. la carte de M. Van de Velde.