‹ La géographie du TalmudChapitre 118 sur 219 · LIVRE PREMIER. LA PALESTINE · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. LA PALESTINE

affranchit et les combla de bienfaits; il leur construisit des maisons à ses frais, et leur donna des terres, à la condition de ne jamais quitter Tibériade, car il savait qu’il répugnait aux Juifs de s’établir dans cette ville, parce qu’on avait dû enlever beaucoup de tombeaux sur l’emplacement où on la construisit. Ces demeures, d’après nos lois1 *, rendent l’occupant impur pour sept jours. »

U* Talmud i, de son côté, parle de Tibériade comme devant être une colonie, c’est-à-dire, libre d'impôts. Il semble qu’elle conserva longtemps cette prérogative; Vespasien la lui confirma en récompense de sa soumission hâtive qu’elle fit avant toutes les autres villes. Le Talmud3 * * * * 8 raconte qu’un docteur se rendit de Hamath près de Tibériade vers un autre endroit; des Romains l’ayant rencontré lui demandèrent à quel parti il appartenait, il répondit : à celui de Vespasien *; ils le laissèrent partir sans rien lui faire payer. On parle aussi dans les Talmuds* de la répugnance des Juifs contre Tibériade. R. Siméon ben-Yohaï, le prétendu auteur du fameux Zofiar, obligé de se tenir caché pendant seize bus dans une caverne, en sortit fort malade et se rendit

I Nombres, xtx, 11-14.

-Tal. de Bab., Abodah zarah , 10 a. Cf. ci-dessus, p. 1B3.

8 Tal. de Jér., Berakhoth, ix, 1 .

1 Ibidem, ni'iÇI D'D'VTm JC- Nous croyons que le mot C14”C^D est comme 01i"CCN- La lettre s manque souvent uu commence-

ment des noms propres dans l'idiome du Tal. de Jérusalem. Cf.

M. Dercnbourg, Essai sur l'Histoire el la Géographie de la Pales-

tine, Puris, 1807, p. 96.

8 Tal. de Jér., Schelii’k, ix, 1. Il faut peut-être attribuer à l’impureté de Tibériade la cause pour laquelle Jésus, d’après les récits des Évangiles, ne se rendit jamais dons cette ville. Bacliiene ( Beschretbung , etc., II, iv, 142) croit que c’est le séjour du tétrarque à Tibériade qui fil hésiter Jésus d'aller dans cette ville.

aux eaux de Tibériade. L'usage de ces eaux lui rendit la santé. Par gratitude il déclara la ville pure. Ce R. Siméon, le prototype de la Kabbale, était inspiré, dit le Talmud, par l’esprit saint, quand il accomplit cet acte hardi, acte qui ne fut cependant pas accepté sans hésitation. Le Talmud raconte: « Quelqu’un qui le vit passer, cria d’un ton ironique : Voilà Ben Yohaï qui déclare Tibériade pure ! Cet homme fut aussitôt changé en un monceau d’ossements. » Nous reviendrons sur ce sujet dans notre partie historique '.

Cette ville s’est sans doute agrandie peu à peu ; ainsi nous voyons2 qu’on y annexa Hamatha. Les vertus de ses eaux thermales y attiraient probablement de nombreux étrangers, et n’avaient pas dû contribuer médiocrement à son développement successif. Le Talmud parle déjà de l’ancienne Tibériade (peut-être le premier noyau de la ville) qui se trouve près de la synagogue de Kipra ou Kifra3. On mentionne encore la synagogue de Serounguin 4 dans cette ville.

La ville de Tibériade, ainsi que le lac du même nom, se trouve au-dessous du niveau de la mer3. Le Talmud0 en parlant des quatre villes, Lod, Acco, Sepphoris et Tibériade, détruites à la même époque, dit également que Tibériade était située plus bas que les trois autres.

* Cf. M. Grœlz, Geschichte lier Juden , t. IV, p. 473 et pass.

* Cf. ci-dessus, p. 208.

3 Tut. de Jér., McguMah, i, 1. XTI NIH "!CN1 NCtr»

•NrTOtp

1 Tal . de Jér., Kilaïm, ix, 5. pjnoi NCD’CJ? Nn'J’12- Peut-être nut-il lire et comprendre la synagogue des habitants de

Serounya ; nous rencontrons cette localité dans le septième chapitre.

•*> Russeger, lïeisen, etc. (Stuttgart, 1841), t. III, p. 213.

« Cf. ci-dessus, p. 193. jpca nplOH R1*DB1

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