LIVRE PREMIER. LA PALESTINE
mudique précité, nous l’identifierons avec le Kefar Naliuin des Talmuds, dont nous allons parler.
Cin; -'or, Ivefar Nahurn (village de Nalioum), situé d’après les Évangiles sur le lac de Genezareth 1 ; c’était une ville florissante et devenue célèbre par les fréquents séjours qu’y faisait Jésus4. Il semble môme que le premier noyau de la nouvelle secte se forma à Capernaüm. Le Midrasch applique les mots bibliques « le pécheur y sera pris » aux enfants de Kefar Nahitnr1. Cet endroit n’est pas mentionné dans l’ancien Testament; Josèphe 1 le connaît sous le nom de Kî^xpvwp-r;. Il parle en un autre endroit5 d’une source en Galilée nommée Kx?xpvzsùpi, et que Robinson 6 identifie avec la source Ain-el- Tin ". Le village actuel de Khan Minyeli, selon ce voyageur, occupe l’emplacement de Capernaüm. On a contesté avec raison cette identification 8 à laquelle on préfère celle qui place Capernaüm à Tell Houm. Les Talmuds mentionnent9 Kefar Tanhoum, Tanhoumin et Tehoutnin qui ne sont sans doute que des variantes de Kefar Nalioum; de tous ces noms il ne serait resté que
I Jean, vi, 17; aOaXànt* ; Matthieu, iv, 13; Matthieu, xt, 23
* On l'appelle même « sa ville » (t| îôfa niXi;); Matthieu, iv, I ; Marc, il, 1 .
•1 ci”} ~02 '12 Nûim i Midrasch Koheleth , vu, 20.
1 Vita, 72.
5 Guerre , III, x, 8.
6 Bill, researches, t. II, p. 408.
7 Ain-et-Tin est peut-être- identique avec la localité niSH j’Jt qu'on mentionne dans le Midrasch Koheleth , il, 2.
8 M. Rocdiger, Hall. Lit. Zeitutig, t. I, p. 1581 .
9 J'O'rcn ~D-“ N-D "1 î Midrusch Schir ha-Schirim , m, 1 8. j’îJinn "on Nrn '1; Tal. de Jér., Theroumoth, xi, 7. Le mot cn;n s’appliquerait bien à la signiflealion « vicus consolationis » qu’Origèncs donnait à Capernaüm. Cf. Winer, Bill, reabcœrlcrbuch, 1. 1, p. 210.
222 LA GÉOGRAPHIE DU TAI.Mt'I)
la syllabe houm ce qui milite en faveur de l’identification avec Tell Houm.
On pourrait tirer d’un passage de l’Évangile une objection qui frappe également et l'identification de Capernatlm avec Khan Minyeh, et l'identification bien plus préférable de Capernatlm avec Tell Houm; c'est que saint Matthieu place Capernatlm aux contins de Zabulou et de Nephthali *. Ni Khan Minyeh ni Tell Houm ne répondent aux données de l’évangéliste. Mais l’Évangile est ici en contradiction évidente avec les Talmuds et même avec la Bible.
Nous avons dit plusieurs fois3 que. d’après les Talmuds, le lac de Tibériade et les lieux situés sur la rive de l'ouest appartenaient en totalité a Nephthali. Or, si Capernatlm, selon le témoignage unanime des évangélistes, est situé sur le lac, il ne peut se trouver en même temps aux contins de Zabulon. En outre, les démarcations que la Bible indique pour Nephthali ne permettent pas de faire remonter le territoire de Zabulon jusqu'au lac de Tibériade. On lit dans Josué * : « Les frontières de Nephthali sont : Méhelef, Méalon, Beçaananim et Adami, Ilanekeb et Yabnéel jusqu'à Lakoum, et ses issues sont le Jourdain; et cette frontière doit retourner du côté de l’occident vers Aznoth-Tabor, puis sortir de là à Houkok. » Or, nous verrons5 dans la suite que Yabnéel se rend dans les Talmuds par Kefar Yama, qu’on retrouve encore
i Nous avons accepté pour la même raison l’identification que M, Itappoport ( llinerary of Benjamin of Tudela, t. II, p. 82) propose pour Kefar Ahim. Cf. ci-dessus, p. 220.
4 iv, 13; tv *at Ni^OaXslu.
* Cf. ci-dessus, p. 213.
1 Josué, .MX, 33, 31.
5 Cf. ci-dessous, p. 221» .