‹ La géographie du TalmudChapitre 13 sur 219 · LIVRE PREMIER. LA PALESTINE · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. LA PALESTINE

une ville « hors de la Terre d'Israël1; » les autres villes au sud d’Antioche étaient donc considérées comme appartenant à la Palestine. Les Talmuds rangent ces villes dans la province de Sourya, province qui, sous certains rapports, faisait partie de la Terre d’Israël4.

M. Schwarz® fût bien observer qu’Estori étend trop les frontières bibliques de la Palestine; mais lui-même va encore trop loin en identifiant le Hor Hahar avec le ras esch-Schaka 4. Il met par inadvertance sur ce promontoire le Djebel Nouria, sur lequel il place le village de Kaplariar' mentionné dans les Talmuds Quant à nous, nous inclinons vers l'idée de M. Porter6 qui prétend que Hor Hahar signifie l’extrême nord du Liban {le Djebel Alikar) Entre celui-ci et les monts Nusairiyeh,

i Tal. de Bab., traité Gvitlin, fol. 44 b. i Cf. ci-dessus, page 2.

3 Dos heilige Land , page 18.

1 Ce promontoire est appelé chez les Grecs eto'jjtp&juitov (cap Madone;. M. Zunz (Itin. of Benjamin, Tudela, tome II, page 414), croit que ce promontoire est désigné dans le Talmud de Jérusalem {Abodah Zarah, ni, 8) par ’JQ, et dans le Talmud de Babylone ( Themourah , fol. 28 b) par "]^CPI KD « face de Dieu, face du Roi. » Les talmudistes, dans leur désir d’exprimer leur dédain pour les endroits que vénéraient les idolâtres, changent le nom de ce promontoire en 2*73 KD * iace de chien.»

Les premiers écrivains chrétiens (Cf. ltitter, Erdkunde, t. XVII, p. 37), appellent le Cap Madona, AïOozpâawjrov « figure de pierre. » Cette dénomination a trait, selon ce que M. Renan nous communique d’après la tradition des Maronites, à une idole qui s’y trouvait. Le Nahr-tl-Kclb (Lykus) tire son nom, d’après la môme tradition, d’un sphynx qu’on y adorait et que les Arabes appellent « chien. »

3 Nous n’avons trouvé nulle part la trace de ce village, que les Talmuds désignent par le nom de N’*6op ou Nr6op. Quelques éditions du Talmud portent N’TIO^p*

6 Fia y cars in Damascus, tome II, page 354.

une route conduit à travers la pleine vers Hamatli (Epiphania).

Nous avons cru devoir faire cette digression sur les anciennes frontières de la Palestine, avant d’arriver aux frontières telles qu’elles étaient au temps du second Temple. Ces dernières frontières ne sont pas non plus faciles à déterminer. Nous possédons sur ce sujet, un passage étendu en quatre rédactions différentes', mais ces rédactions offrent tant de variantes qu'il est presque impossible d'en tirer un résultat précis.

La Mischna - indique Rekem (Petra) comme frontière est, Ascalon comme frontière sud et Acco comme frontière nord, quand il s’agit des témoins chargés de signer une lettre de divorce. Pour l’exercice d’autres devoirs religieux les frontières1 * 3 changent.

Voici ce que M. Rappoport* dit fort judicieusement à propos de ces frontières : « Les endroits indiqués comme frontières dans les Talmuds ne sont pas exposés méthodiquement, c’est-à-dire selon l’ordre géographique, en suivant los points cardinaux, mais ils sont simplement désignés au fur et à mesure qu’ils se présentaient à l’école dans les discussions dogmatiques. »

Nous devons signaler encore une autre difficulté, savoir que les Talmuds n’indiquent pour frontières que des points isolés et non pas des districts ou cercles; un nom mutilé ou un village disparu nous déroutent et nous

1 Talmud de Jérusalem, Bchciiith, vi, i ; Tosiftha, DenoX, ch. 3; Siphré, section Ekeb. vers la (in ; Midrasch Yalkout, même section.

4 Guittiii, i, 1 .

3 Les frontières sont appelées ou irjQ (Talm. de Jér.,

Schcbnth, vi, 1 .)

1 Brckh Millin, page 208.

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