‹ La géographie du TalmudChapitre 139 sur 219 · LIVRK PREMIER. LA PALESTINE · texte numérisé non relu

LIVRK PREMIER. LA PALESTINE

L’endroit de Boerah, mentionné par Jérémie 1 parmi les villes de Moab, est sans doute identique avec le Becer de la tribu de Rettben ; on le donne sous le nom de Bossora, dans les livres des Maccabéea i.

Nous avons déjà parle d’un troisième Boerah, à la frontière de la province Trachonitide 3 . Les Talmuds 1 mentionnent des docteurs originaires de Boerah ou en faisant leur séjour Nous croyons que ces docteurs demeuraient dans le second Boçrah qu’Aboulfeda mentionne, sous le nom de Bouçra, comme capitale du Hauran, car do la Galilée il n’y avait qu’une étape pour le Hauran. Dans un passage talmudique fl, Boçrah est cite en même temps qu’une localité «"H (Derii) que nous supposons- être la ville biblique d’Edreï. Eusèbe ", de son côté, indique également Bostra à vingt-quatre milles d’Edreï.

La rivière d’Arnon (ouady el-Modieb) forme la frontière entre le pays de Moab et celui des Israélites. Les Midraschim 8 décrivent cette rivière comme étant enfermée par des montagnes dans lesquelles on rencontre un grand nombre de cavernes. On trouve la mémo description de ce pays dans les livres des voyageurs modernes.

i Jérémie, XLvni, 24.

* I Maccabées, v, 26.

3 Cf. ci-deseus, p. -19.

*Tal. de Jér., Motd Katon, m, 1 ; pp’lShS ÎW ”b

!» Même Talrnud, Kilaïm, ix, 1. PICT ü’pt> p BVV

«Tal. de Jér., Schebiith , VI, «Tl “y tC’tSD N"ïfD J’JPIJ NûTCH TJ rrnsiaq Nain jnm- Ce passage est très-obscur.

1 Onomasticon, s. v. Bostra.

8Midrusch Tan/iouma, sec. Houkkatli (éd. de Vienne, p. 229 et 239); cf. M. Zunz, Ilinerary , etc., t. II, p. 410.

LA GEOGRAPHIE Hü TALMCIÎ

"'ins, Çoar. surnommé c ville des palmiers » dans les Talmuds1. « Il est permis de manger des dattes (produit de l’année de relâche) jusqu’à ce qu’il n’en reste plus à Çoar4. » Les récits des croisades3 l’appellent également « la ville des palmiers. » Çoar, mentionné dans l’épisode de Sodome et Gomorra, est compté par la Bible comme ville de Moab. A l’époque du second Temple c’était, d’après Josèphe, une ville arabe. Ptolémée aussi en fait une villa de l’Arabie Pétrée *. Saint Jérôme, de son côté, place cette ville à la frontière du pays de Moab'1. Il n’y a donc pas de doute que Çoar ne se soit trouvé sur le bord est ou sud-est de la mer Morte; on peut donc adhérer à l’opinion presque générale que Çoar doit se chercher dans les vieilles ruines qui couvrent la partie inférieure du ouady Kerak ®.

M. Schwarz7, en s’appuyant sur la Bible qui place Sodome dans la partie ouest du territoire occupé actuellement par la mer Morte, ne veut pas admettre que Çoar où Loth se réfugia, soit la même ville que Çoar en Moab, à l’est de la mer Morte. Le premier, ditil, doit nécessairement se trouver sur le bord ouest, puisque R. Hanina, témoin oculaire, dit8 que Çoar n’était distant que de cinq milles de Sodome. Or, le lac a partout une largeur plus considérable. La Bible 9 conlirme,

• Mischna, Yibamoth, xvi, 10; Tosiflha, Schebiith, ch. 7.

4 Tal. de Babvlone, Pesahim, 53 a.

3Gesta Dei per Francos (Hanau, 1611), p. 1041 et 1076: « Segor, vallis illustris, vallis palmarum, Palmer, Paumier. » t Cf. Winer, Bill, realirœrterbuch , t. II, p. 737. sCamm. in Isaïam, ch. 15 : « Segor in finibus Moabitarum sita est dividens ab iis Philistiim. »

«Cf. M. de Raumer, Palastina, p. 273.

1 Das heilige Land, p. 305.

«Toi. de Bab., Pesahim , 93 b.

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