‹ La géographie du TalmudChapitre 15 sur 219 · LIVRE PREMIER. LA PALESTINE · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. LA PALESTINE

M. Oppenheim 1 croit reconnaîlre clans le mot psn»3 qui se trouve dans l'inscription 3 phénicienne du sarcophage d’Eschmounézer, « la ville deCésarée; » il prend le mot ixi, selon l’explication de M. A. Levi3, pour la ville du Dor (Tantoura) et il traduit ce passage du texte : « Que les seigneurs des rois nous donnent Dor ainsi que la beauté des pays pleins du blé exquis de Schadscharon ( Stratonis turris). » Les Talmuds1 appellent les villes de Tyr et de Césarée « les pays de vie;; » expression qui fait supposer à V. Oppenheim que la fertilité de Césarée aurait été prover! iale. Si, en effet, on pouvait suffisamment reconnaître dans le mot pris la ville de Césarée, il vaudrait mieux, selon notre opinion , prendre le mot'Oi”, comme M. Levi, pour la ville de Joppé, et traduire : « Que le seigneur des rois nous donne Dor et Joppé, pays du Dagon adoré ’ à Césarée. » Les Philistins suivaient le culte d’Astaroth ; pourquoi les Phéniciens n’auraient-ils pas adoré la divinité des Philistins, Dagon? La déesse A-sp-'x-;;, à laquelle étaient dédiés les poissons, avait son temple dans la ville qui s’appelait Astaroth Karnaim c.

très-commun chez les Phéniciens. Cf. Josèphe, Ant. XIII, xiv, 3; Pape, Warterbuch der grieckischen Eigenname». p. 364.

c J lonathsschrift, 1860, p. 1127.

2 Inscription, lig. 10. M. Oppenheim litpar inadvertance pampa. On ajoute souvent aux noms des villes un "j ou un 1. Ainsi, on appelle Damas pg’OI et prDH ilDC >10111 (I Rois, ix, 18), et dans les Talmuds (T. de Bab., traité Yebanwtk, fol. 16 a), llQin sous un seul et infime nom de la ville de Palmyre.

3 Phœn. Studicn,\, 35.

* Tal. de Jér., Kelhouboth, xn, 3.

5 La racine nx se trouve plusieurs fois dans cette même inscription avec le sens de « adorer. »

6 Cf. Winer, bibl. Reabtœrterbuch (3® éd.), a. v. Atargatis.

Si la leçon du Talmud de Babylone1 est exacte, Césarée était appelée également *c tnx ou i», « tour forte, ou tour du prince. » Dans le dernier sens on l’appelle4 aussi N'tr; ^“X; c’est de là, croit-on, que provient le nom 3 de N’r: NtHX C'X « Marie de Césarée. » Nous prêterons la traduction « Marie de M igdala. » Marie, la mère de Jésus, est surnommée également A tarie Migdala Xassi, dans les Talmuds l, par confusion avec Maria Magdalcna.

Un passage talmudique5 dit : c Esati (Edom) avait reçu cent provinces, depuis Seir jusqu’à Magdiel, car >1 est écrit (Gen. xxxvi, 43) : le prince de Magdiel, le prince de Irnm, et ce dernier nom signifie Rome. » M. Beer pense que sous le nom d’iîWom on veut désigner les Romains (amis d’Hérode qui était d’origine iduméenne), et que Magdiel t>Nnx n’est autre chose qu’une paraphrase de Migdal Xassi, que nous avons déjà mentionné comme nom de Césarée. Le Midrasch veut faire entendre, selon ce savant, que la puissance de Rome est concentrée à Césarée (ou plutôt s’étend depuis

* Merjv.il! ah. 6 a; la Meguiltath Taanith. etiap. 3, porte “njj Hx- Nous aurons l'occasion de revenir sur ce nom dans la partie historique; il s'agit ici de l'institution d’un jour de commémoration de la prise d’une tour.

- Liturgie de Hanouka.

:1 Tal. de Bub., traité Haguiga , fol. 4 b. Les commentateurs expliquent ce nom par « Marie la coilleuse. » On parle dans le même passage d’une autre Marie, dont la profession était « d’élever les enfants, » <p*rn N'TIX C''-- Cf. lu note do M. Kirchheim dans l’ouvrage de M. Schwarz, Das heiiige Land, page 92.

•Talm. de Bub., Sabbath, 104 b (dans lés anciennes éditions). Les passages talmudiques concernant directement Jésus ne doivent être employés qu’avec une grande réserve.

t* Pc r/U de B. Eliézer, chup. 38; cf. Monastksschnft de M. le D' Frankel, année 1800, p. 113.

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