RÉSUMÉ
Le lecteur a pu se convaincre que notre exposé géographique de la Palestine, d'après les documents talmudiques, tourne fatalement dans un cercle de conjectures. Il est donc très-hasardeux de donner un résumé exact. Cependant nous essaierons de présenter aussi complètement que possible les résultats de nos recherches, fondées au moins sur un nombre considérable de conjectures à défaut de documents certains.
La Palestine, désignée dans les Talmuds par « Terre d'Israël » ou « Terre » par excellence, a une superficie de 1 ,600 milles romains carrés (57,400 km. carrésj. Il est question dans les Talmuds de trois lignes de frontières pour ce pays, savoir : 1° les frontières promises par la Bible, au nord jusqu’au mont Hor hahar (Amanus), et à l’est jusqu'à l’Euphrate, frontières que le pays n’a jamais atteintes; 2° les frontières du pays tel que les Israélites envahisseurs l’ont occupé, c’est-à-dire, au delà de Kézib et presque jusqu’à l’Amanus vers le nord ; 3° les frontières des possessions des Juifs revenus de Babylone, qui sont indiquées en détail dans les Talmuds, sous le rapport, non de la politique, mais de l’accomplissement obligatoire de certaines prescriptions religieuses, telles que la dîme, les fruits de la septième année (année do relâche), etc. Aussi, rencontrons-nous dans cette
dernière délimitation les variations les plus fréquentes ;
car tout dépendait du chef de l’école.
A l’ouest, la frontière naturelle de la Palestine était la mer Méditerranée. Cependant la plupart des villes de la côte ne sont pas considérées comme appartenant à la Palestine. Le rayon d’Ëleuthéropolis marque la frontière sud. A l’est les endroits situés en Pérée, dans le voisinage du Jourdain, appartenaient encore à la Palestine. La frontière du nord offre la plus grande instabilité. A une certaine époque (probablement sous les derniers Asmonéens) Hasbeya était encore soumise au règlement des dîmes et autres offrandes; une autre fois, c’est Kézib (Zib) et Césarée de Philippe qui sont les points extrêmes de la frontière nord de la Palestine ; en dernier lieu, Acco (St-Jean-d’Acre) n’est plus regardé comme Terre d’Israël, et les localités de la Galilée, que les Talmuds nous présentent pour limites, sont des plus douteuses. Nous avons dû nous borner à rapporter le texte, sans pouvoir en donner une explication suffisante.
Outre la mer Méditerranée, que les Talmuds appellent « la grande mer, » on mentionne : le lac Asphaltite, sous la désignation de la mer de Sodome, avec des remarques sur l’action délétère de ses eaux; le lac de Tibériade, avec ses eaux thermales ; le lac de Samochonide, sous le nom de lac Houleh ; le lac Phialé ; le lac d’Apamée en Syrie, et enfin un septième lac inconnu pour nous, et qui nous a paru être une pure invention pour arriver au chiffre de sept, qui est déjà nombre de prédilection pour la Bible. Le lac d’Emèse n’est pas compté parmi ces sept lacs, parce qu’il n’est pas de formation naturelle ; c’est l’empereur Dioclétien qui l’aurait créé par la réunion de plusieurs rivières.
Le fleuve de la Palestine est le Jourdain, qui ne prend