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LIVRE SECOND. PAYS HORS DE LA PALESTINE

Trablos, plus importante par son commerce que Çaïda1.

N’pn1?, Loudkia; nous avons dit* que les Talmuds confondent les localités de Lydda en Palestine, de Laodicée en Syrie, de Laodicée en Asie mineure et celle de la Lydie. La ville de Laodicée, où l’agadiste8 envoie son homme chercher de l'huile, est probablement la Laodicée de la Sourya, au nord-est d'Aradus, puisque de là il fa il aller son envoyé à Tyr.

naiînpiy, Arkath Lebanah, endroit où se trouvait R. Ismafil ben Sathriel. 4 II raconte qu’on y avait vu un cèdre d'une telle grosseur, qu’étant abattu, seize voitures 5 pouvaient passer à la fois sur le tronc dans le sens longitudinal. Il e3t probablement question des cèdres du Liban, et Arkath Lebana serait alors identique avec V Arkath de Libation par lequel le Midrasch8 explique le mot biblique Arhitn (D’piJ?). Les géographes grecs, ainsi que Josèphe, mentionnent une ville d ’Arkè au pied du côté nord-est du Liban 7 ; Josèphe place aussi dans les environs de cette ville le fleuve Sambation 8. On rencontre encore aujourd’hui une localité d’Arkeh ou d’Arka, au nord-est d’Antaradus *.

pcn, Hamaç n’est autre que la ville d’Emèse, sur l’Orontes. Nous avons mentionné 10 le lac près de cette

» Winer, Bill. Rtaht ., t. Il, p. 633.

*Cf. ci-dessus, p. 78.

•1 Cf. ci-dessus, p. 230.

I Tal. de Bab., Bekhoroth , 67 b.

5 Le sens du mot filjnnest douteux.

II Bereschith robba, ch. 37; cf. ci-dessus, p. 33.

’ Winar, toc. cit., 1. 1, p. 86.

8 Ce fleuve joue un râle légendaire dans l'Agadah ; on croit les dix tribus établies sur ses rives; cf. Buxtorf., lex. tal., a. v.

s Winer, lue. cit.

"• Cf. ci-dessus, p. 29.

ville qui, d'après les Talinuds, n’est pas un lac naturel, mais bien un réservoir creusé par Dioclétien. Les Talmuds, ainsi que le Targoum de Jérusalem, rendent la tribu Cemari 1 de la Bible par Ilomçoï (habitants de Homs). Les Talmuds1 prétendent que ces gens s’appellent Cemari parce qu’ils s’occupaient de la fabrication de tissus de laine. On identifie ce nom avec la ville de Simura, que Pline place sur le fleuve d’Éleuthérus 3 ; nous croyons cependant que pour l’identification des peuplades citées dans la Bible, la tradition juive doit être prise en considération, et maintes fois préférée à l’identification des villes que citent très-souvent les auteurs grecs et latins mal renseignés. Hamaç s’appelle aujourd’hui Ilœms.

mnS7j? "O, Bar-Aschthor. endroit non loin de Hamac, d’après le contexte 4. R. Haguin, en se rendant à Hamaç, fut questionné par les habitants de Bar- Aschthor , afin de savoir s’ils pouvaient s’acquitter de la dime entre les mains des païens. Les voyageurs modernes 5 mentionnent un endroit Dcïr-el-Baaschtar, à une demi-heure à l’ouest du temple appelé Keniseihel-Avamid ; notre Bar-Aschthor pouvait être identique avec la localité précitée.

rrcna, Barbarith; R. Simon ben Lakisch y gardait les figues B. On penserait au premier abord à la Ber-

' Genèse, x. 18, ncü

*Tal. de Jér., Meguillah, i, 1 ; Bcrcschith rabbo, cb. 37.

3'Winer, lue. cil., t. II, p. 726.

•*Tal. de Jér., Abodah zarah, à la lin, pp.X P’TO pi"! H

tnjiD pxi pn’ra? n^n rca nnrp -an px ir1? pxn

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SRitter, die Brdkunde, t. XVII, p. 590.

•’Tal. de Jér., Moid A utan, m.

berie en Afrique ; mais ce docteur est en rapport avec les Lydiens, les Palmyriens, et ne parait jamais en Afrique; nous l’avons déjà mentionné 1 à Tripolis et à Sidon. Nous croyons avec M. Rappoport4 que Barbarith est identique avec la ville de Barbalissus dans la province Chalybonitide.

"TOir, Tharmod est une corruption volontaire de Thadmor, selon l’habitude des talmudistes, quand il s’agit des dénominations usitées chez les païens3. Cette ville est connue par la Bible 4. Les auteurs grecs et latins l’appellent Palmyre ; elle est située dans une oasis couverte de palmiers, entre Damas et l’Euphrate.

Les habitants de cette ville, ou plutôt de ce pays, étaient exclus de la société juive; on les considérait comme les descendants des esclaves de Salomon5. Tharmod n’était, par conséquent, pas comptée comme faisant partie n i de la

i Cf. ci-dcssus, p. 298.

IBrekh Millin, p. 29.

3C'est la méthode des talmudistes (Tal. de Bab., Abodah zarah, 40 a), K’Vj pvj « maison de la porte » (temple de Janus) est transformé en * maison du porc (WC seruit ici le mot grec

Xofpo;. Le T. de J., même Traité, III, lit vf)} iniN pip "HJ ; et aussi Landau, MaarUhc Laschon, a. v.) ; ^3 (T. de J. qq) pp en jrp pp, parngramme que nous ne comprenons pas ; ';rj en

2*72 ’JO (et ci-dessus, p. 9, et Assemani, Bibl. or., 1. 1, p. 327,1e mot Nnoto). Nous verrons dans la suite que le paragramme de Tharmod pour Thadmor s'applique aux yeux faibles des habitants de Palmyre ainsi qu’à leurs mœurs commerciales; ce n’est certainement pas tout, et il y avait sans doute une plaisanterie plus incisive cachée dans le mot Tharmod et que nous ignorons jusqu’à présent. Quant à en faire une faute de copiste, comme le veut M. Derenbourg [Essai, etc., p. H), l’erreur serait trop forte ; un des nombreux copistes au moins aurait dû. connaître le nom biblique, le corriger et-écrire Thadmor.

■*1 Bois, ix, 18.

sTal. de Bab., Yebamoth, 7 a; on ne les accueillait même pas comme des prosélytes ( Ibidem , 16 a).

Sourya ni de la Babylonie, et à ce titre nous aurions dû lui consacrer un chapitre à part. Mais Palmyre se trouvant au delà de l'Euphrate, nous la comptons parmi les villes syriennes, les renseignements que les Talmuds nous donnent sur ce pays étant trop sommaires pour lui consacrer une étude particulière.

Les Palmyriens habitaient un pays sablonneux, voilà pourquoi leurs yeux étaient chassieux, dit Hillel *. Nous ne pouvons pas juger si cette infirmité a réellement existé chez ce peuple (aucun auteur, à notre connaissance, n'en parle); mais le fait est dans l'ordre naturel : le sable en s'introduisant dans les yeux peut causer une inflammation qui peu à peu devient une affection, une infirmité qui peut être transmissible sous l’influence continue de la cause première. Les Palmyriens s’occupaient sans doute de commerce; car leur pays étant entouré par un désert, la culture ne pouvait probablement pas suffire à leurs besoins. Les Talmuds «n fixant l'heure jusqu’à laquelle il est permis d’allumer la lampe de Hanoukha (fête des Illuminations) disent : « Jusqu’à ce que le dernier pied des Tharmodiens (marchands) ait disparu 4. »

Le petit royaume de Palmyrène s'agrandit aux dépens

* Tal. de Bab., Saibath, 31 a. C’est certainement une allusion à une des significations de la racine en arabe ; mCT j'J? veut dire « un œil chassieux, » et cola rend exactement le mot talmudique mnnn

1 Une autre signification de la racine mi en arabe est « être habile dans les affaires. » Peut-être le poragrarnme de Tharmod se rapporte-t-il à une troisième signification de la racine ici en arabe, et qui veut dire « faire une invasion hostile ; » il est probable que les habitants de Palmyre ont souvent fait des incursions dans les pays voisins, et que c’est là ce qui leur a valu le nom de D"nOin « les envahisseurs ; » ainsi le nom des Saracène, dans les Talmuds K’IDi veut dire « brigands. »

LIVRli SECOND. PAYS HORS DE LA PALESTINE 303 de ses voisins. En soutenant les Romains dans leurs entreprises sur l'Asie occidentale, les rois de Palmyre s’étaient assuré l’amitié des conquérants. L'empereur Galliène fut même forcé de reconnaître Odonath comme corégent. Sous le règne de sa femme, la reine Zénobie *, ce petit royaume était très-florissant. Il est donc probable que les Palmyriens étaient les alliés des Romains dans leurs guerres contre les Juifs. R. Yohanan, que nous avons vu déjà très-enclin aux exagérations 4 , prétend môme que Palmyre était pour beaucoup dans la destruction du premier Temple. Voici comment il s’exprime : « Heureux celui qui verra la chute de Tharmod qui s’est associée à la destruction tant du premier que du second Temple; elle fournit 80,000 archers pour la destruction du premier Temple, et 8,000 pour celle du second 3. »

I-es voyageurs vont encore aujourd'hui admirer les ruines magnifiques de Palmyre; les indigènes continuent à l’appeler Thathmour ou Thadmour.

nzs-i, Rikhba, mentionné dans la Mischna 1 conjointement avec Baal-bekhi pour ses oignons; il faut peutêtre lire PIB3TI au lieu de nam et l’identifier avec la ville de Resapha 5 sur l’Euphrate, appartenant à la province de Palmyrène.

iroumt, Orthosia. Le Midrasch 6, ainsi que les

* Son nom s’écrit dans le Talmud JTQJI (Tal. de Jérusalem, Theroumolh, vm, 10.

* Cf. ci-dessus, p. 41, 72 et ailleurs.

3 Tal. de Jér., Taantth, iv, 8; Midrasch Ekha, n, 2.

* Maaseroth, v, 8, 72? M. Zunz ( Itinerary , t. ÎI,

p. 120) explique ce nom par Raphanée.

5 M. Forbiger, Haiidluch der ait en Géographie, t. II, p. 6o6.

* Bereschith rabba, ch. 37.

Targoumim, rendent le mot Sini 1 désignant une peuplade dans les environs du Liban, par Orthosia. C'est probablement la ville d’Orthosias mentionnée dans les livres des Macchabées* •* et qui se trouvait au sud du fleuve d’Éleuthérus, au nord de Tripolis. Les voyageurs modernes mentionnent des ruines du nom d’Orthosia. Saint Jérôme conserve le mot Sini, et dit que c'était une ville non loin du Liban ; on trouve Syn, un endroit peu important, au pied de l’Antiliban 3; ce qui, d’après sa situation, pourrait parfaitement être Orthosia.

K';iOD, Pafounya; le Midrasch * rend Hamath de la Bible par Pafounya, ce qui n’est autre qu’Épiphanie. Ce nom était en usage depuis la conquête macédonienne; cependant l’ancien nom de Hamath s’est conservé; on trouve encore aujourd'hui entre A pâmée et Emèse une ville très-considérable appelée Hamath s.

N’CODN6, Aspamia est la ville d'Apamée. Nous avons vu que les Talmuds regardent le lac d’Apamée comme appartenant à la Palestine7. La Mischna8 raconte qu’un certain Ariston avait le premier apporté les prémices à Jérusalem, qu’on avait acceptées bien qu’elles vinssent de la Sourya. Apamée, capitale de la province d’Apamène, se trouve en effet dans une région très-fertile, et il se pourrait que les fruits y mûrissent plus tôt qu’en Palestine. On n’est pas d'accord sur l’emplacement d'Apamée9

* Genèse, x, 17.

4 1 Macc., xv, 37.

3 Winer, loc. cil., t. II, p. 474.

•* Bercschith rabba, ch. 37.

3 Winer, loc. cit., s. v.

K0n trouve i\"CCEN plus fréquemment que N'COSb

" Cf ci-dessus, p. 28.

* Haltah, iv, 11.

'■> M. Forbiger, loc. cil., I. II, p. 648 ; nous croyons que Famick

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