LIVRE SECOND. PAYS HORS UE LA PALESTINE
Le ruot Karena est expliqué dans le Talmud 1 par le vin doux qui vient de l’Asia; Asia représente ici la ville de Sardes, qui se trouvait dans un pays très-fertile et planté de vignes *. Dans le passage talmudique où le prophète Élie dit à un docteur 11 : « Ton père est allé en Asia et toi rends-toi a Lodkia, » ces deux noms peuvent représenter également des provinces ou des villes.
Nous allons passer à l’énumération des provinces et des villes de l’Asie mineure, nommées par les Talmuds.
trntUK, Antioche , troisième ville de l’empire romain, est souvent mentionnée; elle portait le nom de son fondateur l, Antioehus (Épiphane). Le Talmud en fait une grande ville5 : c’était en effet une ville de cinq cent mille Ames 6. Ici finissait la province de Sourya, et Antioche était la première ville des pays « hors de la Terre. » Quand on avait vendu un esclave à un Antiochien, à Antioche même, dit le Talmud 7, ce esclave devenait libre, parce qu’on n’a pas le droit de le vendre dans un lieu hors de la « Terre d’Israôl. » Antioche renfermait une grande communauté juive ; elle datait de Séleucus Nicator, et ses membres jouissaient des mêmes droits que les Grecs A Antioche se forma la
(livre d’Esthcij en hébreu, écrivit le livre de mémoire pour pouvoir en faire la lecture dans la synagogue. Cf. ci-dessus, p. 290.
I Tal. de Bab., Abodah larah, 30 a.
*Pline, Bisl. nat., v, 29, 30.
* Tal. de Bab., Baba Meda , 84 a.
‘ Bereschith rabba, ch. 23, N'r'ÜIX JX2 Ml'BÎK 5 Seder Olam coula, ’pieîK.
5 Tal. de Bab., Eroubin, 63 b, JOJKtO NT! T'CN TJ?2
6 Cf. M. Renan, les Apôtres, p. 21a et suiv.
* Tal. de 'C'ÜON’? TTCC '~ZV ':VTO
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» Josèphe, contre Apion, n, 4; cf. aussi M. Renan, l. c., p. 223.
première Église chrétienne dégagée complètement du judaïsme 1 ; saint Paul vint y prêcher la nouvelle doctrine, et il est probable que les Juifs, à Jérusalem aussi bien qu’à Antioche, furent effrayés des prédications de cet esprit hardi entre tousles Apôtres. Il n’est jamais question dans les Talmuds des relations entre les juifs et les premiers chrétiens à Antioche; mais on dit que R. Éliézer, R. Yehoschoua et R. Akiba se sont rendus à Holath Anliocliia pour une motif religieux i. Holath signifie un • endroit sablonneux5, » qui formait probablement la campagne d’Antioche; on y cultivait le riz, dont les
1 M. Renan, loc. cit., p. 226.
*Tal. de Jér., Horayoth, m, 7, y-irr 'H "73 Piryc
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T3X n’est pas très-clair. Nous croyons que si la politique n’est pas étrangère aux voyages de R. Akiba, la religion y joua un plus grand rôle; on ne peut douter que ce docteur, ainsi que son disciple R. Meïr, se soient rendus en Asie mineure pour combattre la propagande du christianisme parmi les juifs. Nous développerons ce point dans notre partie historique.
:l M. Rappoport (Erekh Millin, p. 48) veut expliquer le mot n^n par le mot latin [chia'!) « caverne, vallée. » Le voyageur Parlii ( Kaflor oupherah, ch. 11) dit qu’entre Hamath et le Hor hahar se trouve un désert, endroit de pâturage, que les Arabes appellent Amik-el-JIarem. Le mot Amik représenterait le nPlH hébreu d’après M. Rappoport; nous croyons cette explication trop forcée, car H/in ne peut signifier • vallée. » En outre, Hamath est trop loin d’Antioche pour pouvoir désigner 1 ' Amik-el-Harem du Parlii, localité près d’Antioche. Il est vrai que le Targoum de Jérusalem rend Hamath par Anliocliia (cf. ci-dessus, p. 8) ; mais le Midrasch, auquel il faut plutôt se fier, rend ce nom par Épiphania (cf. ci-dessus, p. 304). M. Rappoport ajoute encore que le Talmud de Uabylone \Kiddouschin , 66 a) comprend par les mots ■q*TC3 n'^nï3 Kohlith dan3 le désert d’où Hyrcan était revenu victorieux (cf. M. Derenbourg, Essai, etc., p. 80), le désert entre Hamath et le Hor hahar que Parhi mentionne; cependant aucun historien ne mentionne la victoire d’Hyrcan de ce côté.