LIVRE SECOND. PAYS HORS DE LA PALESTINE
Talmuds* permettent l’usage sans qu’on en ait prélevé la dîme. Nous ne trouvons pas ailleurs mention de territoire sablonnneux près d’Antioche; la topographie de l’ancienne Antiochia est presque inconnue *.
Les controverses religieuses entre juifs et chrétiens à Antioche sont plus fréquentes au deuxième siècle. Ainsi on avait posé à R. Tanhouma* la question suivante : « Le mot Elohim (Dieu) se trouve au pluriel et par conséquent il y a une pluralité en Dieu. » Ce docteur répond que le verbe se rapportant à Elohim est au singulier. Plusieurs autres questions sont adressées par les Minin à R. Schiinlaï 1 * * 4 qui, ainsi que R. Yiçhak5, avait son école à Antioche.
Dans le voisinage de cette ville de luxe et de plaisirs on voyait Daphné, séparée d'Antioche par l’Orontès; là se trouvaient un bois et un temple consacrés à Diane et à Apollon 6 7 8. Daphné était sans doute un des endroits les plus agréables dans les environs d’Antioche, plein d'ombrages et traversé par des cours d’eau, à en juger d’après son nom actuel Beit-cl-maa. « C’était, dit M. Renan une sorte de plagiat, de contrefaçon des mythes de la mère patrie, analogue à ces transports hardis par lesquels les tribus primitives taisaient voyager avec elles leur géographie mythique. » La légende talmudique s place à Daphné le grand sanhédrin
i Tal. de Jér., Demoï, ii.miO fforO® PW
4M. Renan, /. c.,p. 226.
:t Heresckith rabba, ch. 8.
4 Tal. de Jér., Kiddouschin, m, 13.
sTal. deBab., Kethouboth, 88 a.
8M. Winer, l. c., t. I, p. 249.
7 Les Apôtres, p. 21 iî.
8 Tal. de Jér., Sanhédrin, xvit, 8.
I,A QK0GRAPH1K 1)1 TALUUD
qui se rendit à la rencontre de Nabuchodonosor. Dans un autre passage1 on dit qu’une partie des dix tribus fUt conduite à Daphné d'Antiochia; on pourrait peut-être en tirer la conclusion qu’il y avait une communauté juive à Daphné *.
On mentionne dans la Mischna des ustensiles d’Antioche sous le nom Anliki. Une des principales branches de commerce d’Antioche était les épices 4. Antioche s’appelle aujourd’hui Antukieh et occupe à peine le tiors de l’ancienne Antioche 5.
’p’Pp, Kilikia, séparée de la Syrie par l’Amanus, est située dans une région très-fertilo 11 ; on parle dans la Mischna 7 des pois de ce pays. Pline 8 y connaît beaucoup de vignes; son vin délicieux est également mentionné dans les Talmuds". Aristote parle deschèvres de la Cilicie, très-célèbres dans l’antiquité 1,1 ; peut-être, avec le poil de ces animaux a-t-on fait les tissus cilicious, que mentionne la Mischna".
1 Tal. de Jér., Scktkalim, vi, 4. Il y nvait plusieurs villes du nom d’Antiochia, mois il n’y avait qu’un Daphnoé en Asie; d’ailleurs le Tulmud de Jérusalem mentionne des pays hors de la Palestine et de la Sourya, mais très-rarement des villes.
4 Le Targoum de Jérusalem ainsi que saint Jérôme rendent le nom (Nombres, xxxiv, 11) par Daphnar ; le Tulmud de Ba-
bvlone ( Sanhédrin , 96 b) , par Antiochio. La Pesihtha rabbathi (cli. 31) parle également de ces trois émigrations et lit
•nrta-' h'c
Sabbath , in, 14,
•Tal. de Bub., Kethoubutk , 67 a, N';ia;x C'--Z
5Winer, loc. cit., t. I, p. 61.
* Ibidem , p. 230.
7 Maaseroth, v, 8. OWOTI PD'Ul
M Hist. n<t., xiv, 11.
9 Tal. de Jér., Hallak. iv, 11, rrp’^pO 1 1
•° Winer, loc. cit.
•• Kelim, xxix, 1, pppipn