‹ La géographie du TalmudChapitre 173 sur 219 · LIVRE SECOND. PAYS HORS DE LA PALESTINE · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND. PAYS HORS DE LA PALESTINE

arrivant de la Syrie en Mésopotamie 1 ; elle doit par conséquent se trouver à une certaine distance vers le nord de Pome-Beditha. Si la partie-sud de la rive-ouest de l’Euphrate n’était pas comptée comme Babylonie, pourquoi n’aurait-on pas cité une ville située plus près de Pome-Beditha sur la rive opposée?

« Si quelqu’un, dit le Talmud, prête de la marchandise sur une pièce de monnaie, et que celle-ci cesse d’avoir cours, il faut payer avec la monnaie courante. C’est l’opinion de Rab. Samuel prétend que l’emprunteur peut dire au créditeur: « Va dépenser la pièce à Meson -. » Samuel, qui habitait Nehardaa 3, loin de Messène, aurait pu citer un pays plus près du côté-ouest de l’Euphrate, si toutefois la Chaldée n’avait pas appartenu à la Babylonie.

Nous avons pu fixer avec quelque certitude les frontières de la Babylonie talmudique vers l’ouest, le sud et l’est; nous parlerons maintenant de la frontière-nord de ce pays ; on la détermine le long du cours des deux fleuves.

Rab étend celte frontière sur l’Euphrate jusqu’à Akra de Tholebanke; Samuel, jusqu'au pont de Bè-Peralh; R. Yohanan, jusqu’au passage de Guizma. Abbayé, et d’après quelques autres, R. Joseph aussi, désapprou-

1 II n’y avait que deux chemins pour ai river de la Palestine en Mésopotamie. On traversait le désert de Palmyre, ce que les Juifs n’aimaient pas faire, surtout pour aller accomplir une cérémonie religieuse (l’annonce de la nouvelle lune); l’autre chemin traversait la Syrie, et passait l’Euphrate près de Thapsacus (cf. Hitler, loc. cil., t. X, p. 1090; M. Duncker, Geschichte des Allerthum (3* éd.), t. I, p. 231). Là se trouvait sons doute Biram. Nous aurons l’occasion d’v revenir dans l’énumération des villes de la Mésopotamie.

* Tal. de Bab., Baba Xama, 87 b. HWIîl "p Û "'Dlb Si’

3 Cf. ci-dessous, notre article Nehardaa.

vaientRab, parce qu’il étend trop loin la Babylonie'. » Si l’endroit d’Akra de Tholebanke est identique avec le Thelbekuné de Ptolémée *, chose fort probable, cette localité devait se trouver au nord de Nebardaa, autrement Samuel, qui restreint la frontière de la Babylonie, en aurait exclu sa propre résidence; ce qui n’est guère admissible 3. Quant à « Guischra de Bé-Perath, » nous croyons que Bé-Pcrath est ici le nom d’une localité et non l’Euphrate. Il ne peut y avoir aucune relation entre le passage de Guizma et le Qizama 1 des auteurs latins et grecs; car le Guizma de R. Yohanan doit se trouver, comme nous le verrons tout à l’heure b, plus au sud qu’Ihi d’Akira . qui est sans doute le Dakira de Ptolémée.

Le Talmud mentionne un autre endroit qui appartetenait à la Babylonie. Un homme estarrivé et dit: « Moi, je suis de Schot-Mischot; R. Yiçhak Nap’ha se leva pour dire que cet endroit se trouve entre les deux fleuves (et qu’il appartient par conséquent à la Babylonie). Là-dessus on pose la question suivante : Mais Schot-Mischot, d’après R. Yohanan, se trouve au-dessus d’Ihi Dakira, et ce docteur lui-méme avait limité la Babylonie au passage de Guizma. Abbayé répond : Schot-Mischot se

< Tal. de Bab., KviiovscM *, 71 b. “1DN 21 N2'n rP02 b'ÿb

T2N prr " rro ’n n’wvhjp'on ^nicspi 'piiSim xytriy •2T»K »)On Ncrvto B"1? NBrn tt.TGVD IJf iRitter, loe. rit., t. XI, p. 782; M. Rnppoport, loe. rit., p. 190. *11 est vrai qu'un docteur veut pr uver que Samuel fut blémè tacitement; mois les réponses dos élèves des dernières écoles soûl scolastiques. Avant tout, pour excuser Samuel, une école amiê des opinions de ce docteur transigeait avec les données géographiques.

*Ritter, loc. rit., t. XI, p. 373.

* Cf. ci-dessous, p. 3J1 .

trouve sur une langue de terre 1 (et peut être attribué à la Babylonie. tout en étant au-dessus d’Ihi d’Akira). » Nous n’avons pas besoin de répéter que la réponse d’Abbayé est peu rigoureuse, et que Schot-Mischot se trouve sur le cours-nord de l’Euphrate. Nous croyons avec M. Graetz - que cet endroit représente Samosata, à la frontière de la Syrie. La frontière-nord sur l’Euphrate variait entre le « passage de Guizma * (au nord de Nehadaa) et Samosata.

La Babylonie talmudique s’étendait beaucoup plus loin vers le nord, en suivant le cours du Tigre ; « selon Rab jusqu’à Bagda- Varna, et d’après Samuel jusqu’à Mosclikheni exclusivement. Un autre docteur rapporte au nom de Samuel que Mosclikheni elle-même appartenait également à la Babylonie 8. » Moschkheni est trèsprobablement la province de Moexene *, à la frontière de l’Assyrie. Le Tigre arrive jusque-là, et dans ces environs on rencontre la province de Gordyéné ou Kor-

« Tal. do Bab . , Kiddousrhin, 72 a, x;« ~CK~l tTOJ Sl~n

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manuscrit précité lit avr’D ÜÏT.

i Cf. Monatssckrift de M. Frankel, année 1853, p. 195. M. Rappoport ( loc . cil., p. 35) croit pouvoir identifier tSIEPD gÿ avec Sitha et Mcgia dans Zosime; mais ce sont deux villes, et il faudrait tîir'Cl Î2r- Nous verrons que Sitha n’est autre que la ville de Hit. M. Graelz ( ibidem p. 194) reproche à M. Rappoportde vouloir étendre trop lo.n vers le n rd les frontières de la Babylonie ; nous trouverons, en effet, que Samuel considéré comme Babylonie les contrées allant presque jusqu’aux monts Caucase.

3 Tal. de Bab . Ktddouschin, 71 b, -ex 21 X2V7 nPina 'Pyb

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■ 1 Mannert, loc. cil., p. 163.

duéné. dont les habitants, dit le Talmud, ne pouvaient être reçus comme prosélytes'. Nous avons vus que Rab étend les frontières de la Babylonie, sur l’Euphrate, plus loin que Samuel; ici ce docteur est conséquent également et porte les limites de la Babylonie jusqu'à Bagrauadanénê, au nord de la province de Gorduéné Nisibe, actuellement en Arménie, possédait en effet une grande école *. On cite un docteur célèbre, Rabba Tliospaah, qui sans doute est originaire de la province de Tlios/iilis 5. Quoi d’étonnant qu'on ne déclarât pas les Juifs de ce pays indignes de contracter mariage avec leurs autres coreligionnaires? Nous verrons plus loin6 que les talmudistes connaissent même la province des Moskhi, qui est beaucoup plus au nord que Bagrarlauéné.

On ne parle pas dans les Talmuds de montagnes en Babylonie. Ce pays était situé dans une plaine, et par suite exposé aux inondations. C’est pourquoi, dit le Talmud, il n’y avait pas de bourg ou châteaux-forts en Babylonie7, il n’y existait point de hauteurs, au moyen desquelles ils auraient pu être protégés contre les inondations.

* Tal. de Bal)., Yebainoth, 16 a.

- Cf. ci-dessus, p. 330.

3M. Forbiger, loc. cit., p. 672. Nous corrigeons XJ11K1 XI" en X;’;X"! XT3! le 1 et le i , ainsi que le i et le j, sont faciles à confondre; le manuscrit piécité lit xillNl X^JiN* M. Ruppoport adopte l'opinion de M. Landau, qui croit trouver dans ce nom la ville à'Bcbatana ; M. Graetz [loc. cit., p. 194) dit avec raison qu'Kcbatana est aussi loin du Tigre que Paris l'est du Rhin. Ecb-itunn, en outre, est mentionné dans le Talmud sous le nom de Hamadan.

* Tal. de Bab., Sanhédrin, 32 4.

5 Même Tal., Sabbath, 93 a. nNOOlfl X!T

* Cf. l'article sur les dix tribus.

"Tal. de Bab., Broubin. 21 a. ^n-n p-.m-i j\y

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