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LIVRE SECOND. PAYS HORS PE LA PALESTINE

Les pluies étaient rares en Babylonie. « Babel est riche sans pluie, » dit un docteur L’Euphrate comme le Nil, sortait régulièrement de son lit au printemps (avrilmai), quand la neige commence à fondre dans les montagnes *. Rab croyait que les crues de ce fleuve, précisément à l'époque où les pluies cessent en Palestine, sont causées par la communication des eaux de ce dernier pays3. Samuel, plus familiarisé avec les causes des phénomènes de la nature, dit que l’Euphrate augmente de lui-même 4. Les inondations dans la province de la Babylonie proprement dite étaient fréquentes; souvent au lieu d’uu bienfait, elles devenaient une plaie pour les basses contrées de la Chaldée. On avait, il est vrai, établi des canaux et dérivé le fleuve pour empêcher les plus grands désastres. Toutefois, quand les neiges fondaient trop rapidement, ces précautions étaient impuissantes. Plus d’une fois les habitants, surpris par l’inondation. ont dû avoir de la j>cine à échapper aux flots. Le Talmud s fait sans doute allusion à cette calamité, quand il dit que le grand-prêtre récitait pour les habitants de ces contrées la prière suivante : « Fasse Dieu que leurs maisons ne deviennent pas leurs lombes. » Nous avons rencontré une prière analogue pour les habitants de la plaine de Sharon ®. La terre, sur les bords de l’Eu-

1 Môme Tolniud, Taamth, 13 a. t<^2 NTlfTI NTflJ,' bz2

• Cf. Col. Ghcsncv, the expédition for the survey of the rivers Euphrales and Tigris, t. I, p. 61.

3 Toi. de Bab.. Bekhorotk, 33 b, ST'tTO sr ''CM

rro JO"1 * Nous ne suvons pas où M. Joël a pris ses rensei-

gnement1;, quand il affirme ( l c.. p. 379) que l'Euphrate grossit quelquefois au mois d’août; à celte époque ce fleuve a le moins d’eau. 1 ibidem, --ne ppo'rn ten:

-> Tal. de Bab., TaanilA, 2 1 b.

e Cf. ci-dessus, p. 49.

LA GEOGRAPHIE DD TALMl'D

phrate, où l’eau séjournait le plus longtemps, était d’une fertilité extraordinaire *.

Tout autre est la nature du frère jumeau de l’Euphrate, le Tigre. Si les eaux de l’Euphrate d’ordinaire s’élèvent graduellement pour amener la fertilité, celles du Tigre sont rapides comme la flèche2.» Le long de l’Euphrate, les digues servaient à empêcher l’inondation; au Tigre, au contraire, elles devaient modérer la rapidité des eaux et amener ainsi cette inondation. Les Macédoniens, ne connaissant pas la nature du pays, voyaient une oeuvre stratégique dans ces digues élevées par les Perses8; c’était une erreur; on ne craignait pas d’invasion de ce côté. En détruisant ces ouvrages si utiles, Alexandre rendit au Tigre son cours rapide, pour le très-grand dommage du pays. Les inondations du Tigre ne sont pas régulières comme celles de l’Euphrate, et elles ne se font qu’en aval de Mossul. Les habitants de Niniveh, raconte le Talmud*, firent deman-

1 Tal. deBab., Bcçab, 32 b; cf. Racchi à ce passage.

* Ce fleuve est appelé dans le Talmud Dig'ath; Pline le nomme Diglito {H. N., VI, 31), et les Arabes Didjlath. 11 porte le nom de Tigre à cause de son courant rapide; Tigre signifie flèche, dit Pline (NI1; a la m’me signification en araméen). Le Talmud donne la même explication pour le nom biblique du Tigre, Hidekel. ppTfl est composé de *;n « tranchant » et pp « léger; » les eaux du Tigre sont légères et coulent avec une grande rapidité. (Il n'y a pas de doute que ^pi dans le nom de Hidekel ne soit le mot Dikla. ppin est peut-etre un composé de tti et pp-| « le Dikla rapide » ou de rn et ppi « le Dikla fléché. » Le daguesek dans le daletk de Hidekel veut indiquer qu’une lettre y manque. (De telles étymologies populaires ne sont pas rares; nous en rencontrerons d’autres plus loin). fpg vient derpr; « fructifler; » ses eaux rendent la terre fertile; cf. Tal. de Bob., Bekkoroth, 135 b, et Bereschith rabba, ch. 15.

3 Cf. Mannert. loc. cil., p. 272.

• Tal. de Jér., Taaniti, i, 1 ; Tal. de Bah., même Traité , Hé.

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