LIVRE SECOND. PAYS HORS DE LA PALESTINE
Zosime dit que ce n’était qu’un embranchement du Narmalches, qui se jetait autrefois dans le Tigre » Le Nahar Malka traversait donc la Babylonie, en sortant de l’Euphrate vers le sud-sud-est, et passait devant Séleucie, ou plutôt Séleucie fut construite sur ce canal, car il est certainement très-ancien ; c’est sans doute celui dont Hérodote 4 dit que le plus grand canal du pays est un fleuve navigable.
Nous pouvons placer le commencement du Nahar Malka, d’après le Talmud, à Nehardaa 3. Cette ville se trouvait sur l’Euphrate, d’après Josèphe *, et sur le Nahar Malka, d’après le Talmud. Ce canal peut donc avoir son commencement là seulement. Voici les passages talmudiques d’où il résulte que Nehardaa était située sur le Nahar Malka, et de plus sur la rive-sud de ce canal.
« Samuel (qui habitait Nehardaa)3 était assis avec Karna au bord du Nahar Malka 8 ; il voyait l’eau trèsagitée, et disait à Karna que son âge ne lui permettrait pas d’aller à la rencontre de Rab, qui arrivait de la Palestine. » Nous avons déjà dit7 que la route ordinaire de la Palestine traversait el-Bir, et que Samuel devait passer le « fluvius regius » pour se rendre à la rencontre de
i Manncrt, loc. cil., p. 232.
* Histoire, i, 193. Pline ( H ■ N., vi, 26) croit savoir que ce canal fut construit par un gouverneur du nom do Gobarcs.
^ Les données des auteurs latins sur le point de départ du canal royal, sont des plus confuses; nous ne voulons pas les citer ici (elles sont inutiles pour les indications talmudiques sur ce sujet); nous renvoyons le lecteur à Munnerl, loc. cil . , p. 284 et 285.
1 Antiquités, XVIII, ix, 1 .
3 Tel. de Bub., Guittin, 81 a. -;n PNlCtn NT.N ’jmni
6 Même Talmud, Sabbath, 108 a, XT1JSN ‘CÎT ’IH Wlpl PNtCÎP
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7 Cf. ci-dessus, p. 329.
Rab. Dans un autre passade on raconte que les habitants deNehardaa voulurent un jour lapider R. Yeliouda qui avait médit de leur arbre généalogique ; mais, comme alors il leur adressa des remontrances, et les menaça même de prononcer des paroles qui leur seraient trèsdésagréables, ils jetèrent leurs pierres dans le Naliar Malka, et aussitôt les eaux du Naliar s’arrêtèrent Pline mentionne un canal de Narraga, qui était le premier au nord de la Babylonie ; la province portait le même nom à cause du canal. Ptolémée met à la même place Naarda, et les Tables de Peutinger, Naharra. i * II est donc certain que Narraga et Naharda sont identiques avec la ville de Nchardaa du Talmud, et le canal de Narraga n’est autre que le Naliar Malka du Talmud 3 ; ce canal s’appelle actuellement Nahr Isa. Hipparenum se trouve également sur le canal de Narraga, mais au nord; on peut donc très-bien ne pas considérer Hipparenum comme la traduction grecque de Narraga, ainsi que le veut Mannert 4.
1 Tal. dcBab., Kiddovschin, 70 a; cf. M. Joël [loc. cit.}, p. 382.
s Mannert, loc. cit., p. 283. Le passage de Pline concernant ce canal est très-obscur. Voici comment il s’exprime : « Sunt etiam in Mesopotomiam oppida Hipparenum, Chaldæorum doctrina et hoc sicul Babylon. juxta iluvium Narragam, qui cadit in Xarragam, unde civitati nomen [H. .Y., vi, 26). » Les corrections de M. Joël [loc. cit., note 1) sont ingénieuses, mais trop hardies ; il faut qu’il mette Narraga au lieu de Narrogam, et il doit ajouter devanljifxta le mot deinde, variantes qui ne sont pas confirmées par les dernières éditions de Pline. Cf. l'éd. d’Ansart, Paris, 1828, où l’on lit : Babylonii... Qui dédit civitati nomen.
•i La Babylonie, dans le sens restreint du Talmud, irait alors d’une extrémité du canal royal à l’autre, de Naliardaa à Apamée.
'‘Lee. cit., p. 283.