‹ La géographie du TalmudChapitre 187 sur 219 · LIVRE SECOND. PAYS HORS DE LA PALESTINE · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND. PAYS HORS DE LA PALESTINE

Les Arméniens sont en relation avec le peuple juif au temps des rois asmonéens 1 . On parle dans le Talmud des prisonniers juifs amenés d’Armon à Antioche -, au deuxième siècle. Armon est sans doute ici l’Arménie.

Quelques savants veulent trouver la province de l’Arménie dans le mot du prophète : « On vous jettera à Harmona3. » Les traductions chaldalque et syriaque rendent la province de Minni * par Hourmini et Arménien La dénomination Ararat s’applique très-souvent à la province de l'Arménie 5. On explique aussi la peuplade de Thogarmah par les Arméniens. Ce peuple, eu effet, conserve une tradition d’après laquelle il descend d’un certain Thorgomass 6, de la famille de Japheth ; les Arméniens se donnent le nom de « maison de Thorgom. » L’examen plus minitieux de pareilles traditions populaires serait certainement d’une grande utilité pour la science ethnographique, mais ces recherches n’entrent pas dans le cadre de notre travail.

Avant do nous occuper des provinces à l’est du Tigre, nous devons parler ici des pays où le Talmud place les dix tribus.

I Josêphc, Anl., XIII, xvi, 4.

* Tal. de Bab., Yebamolk, 45 a,ri’12 ClHin *11 (Tl’2n"lt7 NflK "1

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Nos éditions portent au lieu de K'ilüJN^ Le msc. Opp. 248,

ainsi queParhi(À'd/ïor oupkerah, ch. 11), ont J<01Û3N^- Nous avons vu (ci-dessus, p. 8) qu’on confond ces deux villes dans les Targoumim.

:l Auios, IV, 3, Hüïïnnn roro^wm» cf. ^ Rappoport, lue. cil.,

* Jérémie, u, 27,

s Winer, loe. cil., t. I, p. 87.

s Eusèbe, Chron. Arm., u, 12 ; Moses de Choréne dans Winer, lue. cil.

Quatre contrées différentes1 sonl indiquées par les talmudistes comme étant habitées par les dix tribus; on peut en tirer la conclusion qu’à l’époque talmudique déjà, ces Juifs étaient amalgamés avec les autres nations, parmi lesquelles ils demeuraient; mais on peut dire qu’une petite fraction s’en est conservée, et se retrouve probablement dans la population juive du Caucase Nous avons vu que le Talmud parle des dix tribus en Phrygie3. Ailleurs, on dit qu’on les avait transportées en Afriké l. Les passages les plus remarquables sont ceux où l’on explique dans le Talmud les noms bibliques 5 « Halah, Habor, Nehar Gozan et les villes médiques (Aré Madaï). » Voici ces passages in extenso 6 :

• La Phrygie, lu Médic jusqu’au Cuucase, l'Afriké et les montagnes de Seloug.

- Cf. la curieuse épigraphe de Ychouda Mizrahi dans le savant mémoire \Achl:ehn htbr. Grabsleine ans der Krim, p. 69 et suiv.) de M. D. Chwolsolin, dons les Mém. de l’Acad. Imp. de St-Pélersbourg, t. IX; voir aussi notre livre Ans der Pet. Billiothek, Leipsik, 1806. p. 29 et suiv.

3 Cf. ci-dessus, p. 31 U.

I Tal. de Bab., Sanhédrin , 92 a, 'p’-rx

«h «ois, xvn, g-, xviii, njn pu -'ni "12121 nin2 ; I Pai alipomènes, v, 26 pu 11121 Xlill 112171 lllN Nous ne discuterons pas ici les différentes explications des commentateurs de la Bible; notre tîlchese borne aux passages talmudiques conccrnunlce sujet. Nous renvoyons le lecteur à M. Ewuld [Uesch. d. V. Isr., 3°éd., t. III, p. 6o8),ù M. HerxfeldjGVjcA. d. V. Isr., I. I, p. 360) et à l’article étendu de M. 'Wichelhnus dons le Zeitschrift d. M. G., t. V, p. 467 et suiv.

u Tal. de Bab., Kiddouschin, 72 a, l£X) j'2X 12 Xp’X ’1 112 X

- )’Dnv7 n7i;2 x'n nn hiiiîT: p^n] piln 21 iox [ix;;n -i 2i idnj piln pra 21 iox 'en ini icx ix;:n 217 nib"r 7ix 112X1 n:h2 12 N2x ii x2'7oi Ipcnvii niu‘2 m ’m [i:iirp: ;n7n 'is2 'i>n p; in; 112m niro cnn 2T21 ’xo x:nc 12 X2X •! '112 'ijn p‘2’2 11 pi2 ~n; Î2"in] 2"in 11 1121. [juin] pun 11 nin

LIVRE SECOND. PAYS HORS DE LA PALESTINE 373 « R. Honanel rapporte, au nom de Rab Nahman, que Holvân est compté sous le rapport de la pureté des familles, comme pays des exilés (Golali ou la Babylonie proprement dite). R. Aba bar Kahna dit le contraire, car Halah est Halvan, Habor est Hadaib, Neliar Gozan est Guinzak, et les villes de Madaï sont Hamadan et les autres villes. D’après une version différente, les villes de Médie sont Neliar Youani (Nehavend) et les autres (villes). Sous l’expression « les autres, » Samuel comprend Kharakh, Moselikhi, Iloski et Romki. » pi^n, Holvân, est, selon Abulfeda, la ville à cinq jours, vers le nord, de Bagdad, résidence d’été des Khalifes de l'Irak-Arabi; elle s’appelait en Syriaque Halah 1 . C’est probablement l’ancienne ville de Chala, capitale de la province de Chalonitis 4. Holvân est mentionné dans une tradition postérieure :1 comme une ville à cinq

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passage est cité ailleurs (Tal. de Bab., Yebamoth, 17 a) avec quelques variantes ’rcim ’.'ÏIC ÎTnrcm (“liTZ] TTCTK 1* — l’’pDni] ’pfîin ’pTnj- Nous avons donné ce passage d’après la leçon du msc. d’Oxford (Bod. lib. Opp., 94, 248), et nous avons ajouté entre parenthèses la leçon du texte imprimé.

• Winer, op. cil., 1. 1, p. 224.

* Hitler, op. cil., t. VIII, p. 11 fl.

3 M. Ruppoport, Kerem hemed , t. V, p. 207. Ce savant regretté a bien deviné qu’il faut lire dans le passage talmudique précité j1l7n au lieu de jllTn ■ Le mot après |V>pn,dnns nos édi-

tions, est peut-être là pour indiquer de quelle Holvfln on veut parler; il existe en effet trois villes de ce nom. Cf. le Momdjtm cl-Boldtn de Yacouth (éd. NYüstenfeld) s. v. Hohàu.

Quunt à l'identification de ppn (d’après nos éditions) nvcc la province à.' Akilitèné (l’Egkilis actuelle), au nord do Sophéné, comme la veut M. Wiesner ( Ben Hananya , talm. fors., 1806, n" 39. p. 111), nous croyons qu'il faut l'abandonner, puisque nous avons

jours de Babel (Bagdad), et qui donne annuellement cent cinquante pièces d’or à l’Exilarche. C’était donc une ville très-riche, puisqu'elle fournissait la cinquième partie du traitement de l’Exilarche, fixé à sept cents pièces d’or.

ynn1, Habor, est rendu par Hadaïb ou Hadyab; c’est sans douto la province d’Adiabène, sur les deux rives du Lycus. La province est surtout connue dans la tradition juive par la conversion de la reine Hélène et de ses deux fils au judaïsme Lit, se trouvait la ville d’Arbela, dont le nom rappelle la défaite do Darius. Mar Oukba tenait son école dans cette ville 3. Les scorpions de Hadaïb sont considérés comme très-dangereux *. Les géographes arabes mentionnent des scorpions venimeux à Nisibe5.

R. Yohanan 0 applique le verset biblique' : « Et elle (la seconde bête) tient trois côtes entre ses dents, » à Holvâu, Hadaïb et Nicibin, et il ajoute : « Tantôt elle les

la leçon correcte du manuscrit pyjn. Akiliséné ost trop loin pour pouvoir être considéré par les talmudistes comme fuisanl partie de la Babylonie.

I Nous avons accepté l'orthographe syriaque oinsi que la leçon du msc. pour co nom; on lit dans nos éditions mais on

sait que le n et le n se confondent volontiers dans les msc.. Nous n’insisterons pas sur l’explication du nom S’HPI par le duel de 2'-|, nom du Ueuvo Zab, et comprenant le pays sur les rives du grand et du petit Zab; cr, Rosenmilller, Handbuch derbibl. AlterlAu»iskuHdc, 1. 1, 2* partie, p. 13.

i Josèplie, Ant., XX, il, 3.

3 Tal. de Jér., Solali, iv, 4.

* Môme Tal., Sabbalh, 121 b, Ji'inOS? 27 p>’

5 Ritter, loc. cil., t. XI, p. 419.

6 Tal. de Bab., Kiddouschin, 72 a «["lOT j’2 ["10102 pJlP’i’ rPHl

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" Daniel, vu, B.

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