‹ La géographie du TalmudChapitre 188 sur 219 · LIVRE SECOND. PAYS HORS DE LA PALESTINE · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND. PAYS HORS DE LA PALESTINE

engloutit, et tantôt elle les lâche. » En effet, dans leurs guerres, les Romains et les Perses se disputaient constamment ces trois provinces1. La seconde bête, qui est l’ours, représente les anciens Perses; mais le talmudiste rapporte l’allégorie aux Perses du temps et aux événements cpii so passaient à son époque. C’est la méthode ordinaire des agadistes.

ptî'J. Noliar Gozan, est expliqué par Guinzac, ce qui est sans doute la ville de Gaza chez Strabon, Gazaka chez Ptolémée; c’était la résidence d’été du roi do la Médie2. Là, se trouvait une communauté de Juifs d’une ignorance peu ordinaire : non-seulement ils no connaissaient pas la tradition de la Halakha, chose pardonnable, puisque ce pays se trouvait loin du foyer talmudique, mais l’histoire du déluge et celle de Job, racontées par R. Akiba, étaient tout à fait neuves pour eux3 *. Cependant, dans la Mischna * déjà, on mentionne des docteurs de la Médie, sans dire de quelle partie du pays. On parle aussi de la cervoise provenant de cette contrée5.

pion, Ramadan, est l’explication d’Aré Madaï (villes de Madaï). Ramadan est généralement identifiée avec

i Mannert, op. cil., p. 33s et suiv. ; cf. aussi Ritter, l. c., p. 209.

* M. Forbiger, loc. cil-, t. II, p. 993. On cherche à expliquer le nom de cette ville par le mot arabe Kenct. « trésor » et par la terminaison âk, que nous avons déjà rencontrée (ci-dessus, p. 331) ; on traduit alors « ville de trésor » (Sir H. Rawlinson, roy. Oeog. toc., t. X, p. 133). Le nom talmudique p;;; exprime la même idée par la racine Xj « cacher; » on trouve même *px (I Paralipomènes, xxvih, 11) pour dire* trésor. »

a Berctchük rabba, ch. 33; cf. M. Rappoport, dans le Ktrtm hrned, t. Y,p. 213 et suiv.

i Sabbath, n, 1, 'XH ETC; PINTE ’Dl1 ’T> Tal- de Bah., Holin, 31 a.

Tal. de Bab., Pesahim, 42 b, 'ion

LA GEOGRAPHIE DP TAI.MLD

Ecbatana1, capitale de la Médie et résidence d’été des rois perses ou parthes. Hérodote appelle cette ville Agbatana; sur les inscriptions achéménitiques, on la trouve sous le nom de Hangmatâna- . Il n’y a pas de doute que la ville biblique d ’Ahmclha 'K où l’on conservait les archives de la Médie, ne soit la même que Hamadan (Ecbatana). En effet, ces quatre noms que nous avons cités, se ressemblent dans la prononciation; l’étymologie du nom d’Ecbatana est probablement : « endroit de rassemblement ‘, ville d’amitié5. »

* Quatre mère, Mém. de l’Acad. des Ins. et Belles-lettres, t. XIX, p. 419 et suiv.

* M. Spiegel, dit altpersischen Keilschriflen, p. 221.

3 Esdras, vi, 2, ttnCHiK

t M. Spicgel, loc. cil.

s Nous croyons pouvoir expliquer le nom Hangmaldna par le mot Hakhma qui, dans la langue du Zend, signifie « amitié » (M. Justi, Handtc. d. Zendsprache, p. 314), et par le mot stAua qui, en prakrit et en pilli, se dit pour thàaa. Les Juifs, ou plutôt les indigènes, qui parlaient raraméen,ont conservé le nom delà ville, tout en lui donnant une traduction dans leur langue, par une légère nuance dans la prononciation. Ainsi, xr.ans* n'est autre que NTO nN * ville d’amitié. » Il est probable que les rois donnaient à Ekbatana des festins, auxquels on invitait les amis. C'était le Compiègne du temps.

Nous avons vu le même cas pour Hidekel (Tigre, ci-dessus, p. 334), où le nom primitif est conservé en hébreu, tout en étant en même temps une traduction. Nous pouvons citer un autre exemple : Le mauvais esprit, appelédanslc Talmud, Aschmedaï rr-|^x fri- M. Rappoport, Erekh Millin, p. 242), n’est certainement autre que YAïshma des Iraniens {cf. Windischmann,.lééan<flungtn z. K. d. Mg., i), et peut-être l’idole Ashirna (NO'tTN) du peuple de Hamatli (II Rois, xvu, 30'. Les Juifs, tout en conservant la composition iranienne AWHchma et Datra, ont exprimé en môme temps, dans leur idiome, « le destructeur » par la racine “or- Ces sortes d’étvmologics populaires ne sont pas rares; nous renvoyons le lecteur à l’article de M. Foerslcmann, dans le Zeitschrift fHr rcrgl. Sprachhuudc, de M. Kuhn, l. I, p. I et suiv.

La prononciation grecque ou Tàfîi peut parfaitement être

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