LIVRE SECOND. PAYS HORS DE LA PALESTINE
On mentionne trois villes de ce pays dans un passage agadique. Les Israélites (les dix tribus), lorsqu’ils arrivèrent dans ce pays pour passer au mont Seloug médirent de la Terre d’Israël 2. « En arrivant à Schavasch ils dirent: Ce pays vaut autant que le nôtre; arrivés à Almin, ils dirent : Cette ville est aussi belle que Jérusalem 1 ; enlin, en arrivant à Schavasch-Thré, ils dirent : Ce pays vaut deux fois le nôtre. » On voit que ce récit n’est qu’un simple jeu de mots. Toutefois, les endroits portant les noms de Schavasch, d’ Almin et de Schavasch-Thré, doivent avoir existé.
E'ir, Schavasch, est peut-être la ville de Suze. Dans d’autres passages elle est appelée, comme dans la Hible, Schouschan. « Elle était fortifiée, dit le Talmud"’, depuis l’époque de Josué; c’est pourquoi la lecture du Livre d’Esther doit s’y faire le quinzième jour d’Adar. »
po^y, Almin, probablement la ville d’Slymaïs. nommée dans le Livre des Macchabées et dans Josèplie ". Le docteur parle évidemment ici d’une ville, et non de la province d’Elam.
• Cf. ci-dessous, p. 386.
2 Tel. de Bab., Sanhédrin, 94 a, Niûlt "O IH? ’}JX tCTI*?
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3 II n’y a pas de doute qu’on n’avait prononcé le mol comme Schavasch, puisqu’on veut faire un jeu de mois avec N’iri Schavya. La syllabe av dans les mots persans devient os en grec : ainsi de Daryavesr.li on dit Darios. Susa se prononçait en perse S:icsa.
I Une allusion nu nom de Beth Olamim (C'Cpiy rpa» ci-dessus, p. 134) que portait Jérusalem on plutôt le Moriah.
5 Tel. de Bab., Mcguilluh , 2 4.
(i I Macchabées, vi, 1.
' Ant., XII, ix, 1 ; il se trouvait là un temple consacré à Diane, selon d’autres, à Aphrodite. Quelques savants croient que la ville
nn :'ï, Shavasch-Thré, peut-être identique avec le nom de Schuster, capitale actuelle du Chusiâtan. Elle s’appellle en syriaque Sustra, Susatra ou Schuschatra, On ne peut, en aucun cas, confondre Schuster avec Suze, qui s’appelle en syriaque Schouschan, et en arabe Sus. Celle-ci était située en Elam, tandis que Sustra se trouve en Chusistan. Chacune des deux villes était le siège d’un évêché, et les auteurs syriaques les distinguent très-bien l’une de l’autre1.
pc, Mésène. Nous avons parlé de cette province-, dont la pureté généalogique des habitants était également douteuse. Les Juifs babyloniens se trouvaient constamment en relations d’affaires avec Mésène3. On mentionne la ville de Perath-Meschon 4, probablement identique avec le Pherath Masène des annales syriaques, et le Phcrat Malssan des Arabes-'. On parle aussi du gouverneur de Meschon, qu’on appelle Istandara de Meschon ; l’agadiste le dit gendre de Nabuchonosor ®.
d’Elvmaïs n'a pas existé. La légende talmudique vient cependant à l’appui de Josèphe ; cf. Winer, op. cil., t. I, p. 313. D’après ce passage talmudique, Susu et Elymaïs ne peuvent être identiques, comme le pense Sir H. Kawlinson ; cf. Kitter, l. c., I. IX, p. 314.
* Assemani, Ml. or., I, 3; ni, 228; Hitler, I. c., p. 178 etsuiv.
1 Cf. ci-dessus, p. 323.
3 Ibidem.
1 Cf. ci-dessus, p. 346, note 6.
5 Ritler, loc.cit., I. X, p. 181.
8 Tal. de Bab., Kiddouschin, 72 b, poi ’TUOO’M* La Mésène dèpendaildesroisdes Sassanides (M. Heinaud, Mim. de l’Acad.des Inscr. et belles-lettres, t. XXIV, 2" partie, p. 170 et suiv.). Il n’est nullement certain que le nom de Mésène soit grec; il se pourrait qu’il vînt du peuple de Mescha (X'J’D üen. x, 30) ; cf. M. Joël, dans le Monalitckrifl de M. Frankel, année 1867, p. 339. Le nom Mociya, dans les insc. achém., signifie peut-être Mésène.