LIVRE SECOND. PAYS HORS DE LA PALESTINE
identifient le Gange avec le Gozan de la Rible* •*. Nous trouvons même, vers la fin du cinquième siècle, un certain Joseph Rabban, qui émigra avec un grand nombre de familles juives à Malabar, où le roi les reçut et leur accorda une espèce d’autonomie
La Mischna 3 parle des vêtements des Indes, dont le grand-prêtre se couvrait le jour de Kippour. « R. Meïr dit : Le grand-prêtre mettait le matin des vêtements de Pclusium, qui valaient douze Manah, et le soir, ceux des Indes, estimés huit cents Zou:. » Le Talmud 1 parle encore d’une espèce de confiture faite de miel et d’épices, appeléo « Himlatha, » et qui vient de Ré Hindoué. » On nomme aussi un R. Yehouda de Ré Hiudoué, qui était un prosélyte5.
Le nom biblique do Gousch 0 est rendu dans le Targoum par Hindoue'. Le Talmud appuie cette traduction dans un passage agadique. « Ahasvérus , dit la Bible 7, a régné depuis Ilodou jusqu’à Gousch. » Les deux docteurs Rab et Samuel diffèrent dans l’explication de ce nom : L’un dit que Hodou se trouvait à uue extrémité du monde, et Cousch à l’autre; Hodou, dans ce sens, signifierait les Indes, et Gousch, l’Ethiopie. L’autre dit que Hodou et Cousch étaient voisins®; dans
* Cf. Hougli, Hisl. of Christianity in India , p. 464 et suiv.
- Jews intelligence, année 1840; cf. aussi M. Gruetz, Gcsch. der Jnden, t. IV, p. 406.
3 Yoma, m, 8. jm:n Q’D'iJJn p!
1 Tal. de liab., même Traité , \N'~;rn NTl^OTI
•* Même Tal., Kiddonschin , 22 b.
fi Isaïe, xi, 11 ; le Turgouin du Pseudo-Jonathan rend n1?’ H (G en., u, 11) par'XXn- " Esther, i, 1.
8 Tal. de liab., Meyuilla/i, 1 1 a. La même divergence d’idées entre Uab el Samuel existe pour le verset biblique (I Ilois, v, 4) :
ce sens, Cousch doit représenter la province de Houzistan, qui, peut-être à l’époque de ces deux docteurs (commencement du troisième siècle), s’étendait jusqu’aux Indes.
R. Hanina fait aller les dix tribus dans les montagnes de Seloug1. Un fleuve de ce nom se trouve à l’est de Sindjar; mais nous ne croyons pas que R. Hanina ait pu faire allusion au fleuve Salouk4, dont les rives étaient habitées par des Juifs. Il serait encore plus hasardeux de prendre le mot Seloug dans le sens de Scheleg « neige, » et de vouloir comprendre sous ce nom les montagnes de l'Himalaya, qui signifie en sanscrit « la demeure de neige. » Nous n’avons pas à nous occuper ici de la légende postérieure au Talmud, qui place les dix tribus sur le fleuve Sambation, qu’on veut identifier avec le Gange. Les Bané Israël, tribu juive aux Indes, prétendent, avons-nous dit, descendre des dix tribus; cette tradition mériterait un sérieux examen.
D«* localité* douteuse* que non* croyons cependant nituée* en mai* hors de la Palestine.
Nous donnons ces localités, comme dans la première partie, selon l’ordre de l’alphabet hébreu.
« Salomon régnait de Tkiphsah jusqu'à A-/.a : » L'un dit que cette expression signifie d’un bout du monde à l'autre : Thiphsuh serait Thapsaque, et Aza, la ville de Gaza en Palestine. L’autre dit que ces deux localités doivent se trouver l’une près de l’autre. Il aurait alors fait une allusion à l’endroit Thiplisah, en Palestine ;II Rois, xv, 1ü).
i Cf. ci-dessus, p. 381 .
4 Ritter, oj>. cil ., t. XI, p. 458.