LIVRE SECOND. PAYS HORS DE LA PALESTINE
d'Alexandre, et quoi d’étonnant qu’on l’envoyât dans le pays le plus reculé, qu’on désigne par Africa?
Nous allons énumérer les pays et les villes mentionnés dans le Talmud et qui se trouvent actuellement en Afrique.
D’ixc, Miçraïm. L’Égypte était le pays de l'Afri-. que avec lequel on communiquait le plus fréquemment. Ce pays avait de grandes communautés juives et même un temple fondé par Onias *. D’après quelques docteurs, les prêtres en fonction dans ce temple pouvaient passer au Temple de Jérusalem i. Un passage agadique donne à l’Égypte une étendue exagérée3. « Miçraïm a une étendue do quatre cents 4 parsa carrées. Miçraïm fait la soixantième partie de Cousch, qui est lui-même une soixantième partie du monde; le monde forme la soixantième partie du jardin, qui est lui-même la
gende, a voulu sc rendre du temple d’Ammon à Carthage. Les montagnes obscures sont peut-être les monts Anagombri, à l’ouest d’Ammonium, qu’on traverserait nécessairement pour se rendre d’Ammonium à Cyrène et à Carthage. Il est possible que le mot soit une corruption de {le ^ s’il devient plus petit peut former un y si le copiste le rapproche trop du ;), et signifie la ville ou le royaume de Kyrenc. Nous savons que les Cyréniens avaient envoyé des présents et leur soumission à Alexandre, quand celui-ci se rendit nu temple d’Ammon. Il est possible aussi que l’agadiste connaissait, au moins de nom, le ater ou nigermons, au nord de Phazania (Fezzan; Pline, H. A’., v, 5; vi, 3”>. Cf. Ritter, op. cit., t. I, p. 988). Quant aux monts Caucase, que M. Harkavy veut entendre par les « monts obscurs » du Talmud, c’est chose inadmissible. Quand on se rend des Indes en Ibérie, ce n’est pas le Caucase qu’on traverse.
i Josèphe, Ant., XII, ix, 7.
* Tosiftha, Mcnaholh, ch. 13.
3 Même Tal., Taanith , 10 a ; cf. aussi T. de J., BeraAhotk. i, 1 .
* La même étendue est donnée à la Palestine; cf. ci-dessus, p. 4.
soixantième partie d’Edeh, lequel fait la soixantième partie du Gué-Hinnom (Géhehne). Calcul fait, le monde est, comparativement à ce dernier, grand comme le couvercle d'un pot. »
On ne dit rien de particulier de l’Égypte, si ce n’est qu’elle est remplie de. sorciers1 * 3 * 5. Nous avons vu* qu’on disait proverbialement : « Apporter de la sorcellerie en Égypte, » comme on dit aujourd’hui: « Porter de l’eau à la rivière. » Le Talmud mentionne souvent l’Égypte à propos de ses végétaux, tels que le concombre, la moutarde *. Cette dernière est remarquée également par Pline *, Les échelles, ainsi que les fenêtres, étaient petites en Égypte !i. « Les mouches de l’Égypte Bout très-dangereuses, » dit le Talmud Parmi elles, il en est une qui est probablement l’insecte désigné par Philon et Origènes1 *, sous le nom de Ihnips , et qui est très-incommode. Le Midrasch 8 parle une fois de l'inondation du Nil. « Tout le monde était allé voir le débordement du Nil, excepté Joseph (et la femme de Potiphar. »)
!l, Alexandrie possédait dès l’époque dite de son fondateur, une grande communauté juive. Dans les Talmüds on en compte la population par millions , par suite de cette habitude d’exagération
1 Midrasch, Etther , i, 1 : i De dix parts de sorcelleries pour toute la terre, l'Egypte à elle seule en avait neuf. »
* Cf. ci-dessus, p.226.
3 Mischna, Kilaïm, i, 1 . ’lXOn t>Tin
* Eût. nat., xix. Si.
5 Mischna, Baba bathra, ni, 8.
8 Tal. dcBab., Sabbath, 121 b.
1 Cf. M. Lcvysohn, die Zoologie d. T., p. 313.
a Bereschüh rabba, ch. 8 1 ; au lieu de $123 il faut lire
w Cf. M. Rappoport, Erekk Afillin, p. 98 et sUiV.