‹ La géographie du TalmudChapitre 204 sur 219 · LIVRE SECOND. PAYS HORS DE LA PALESTINE · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND. PAYS HORS DE LA PALESTINE

que nous avons souvent mentionnée1. Les Juifs d’Alexandrie se trouvent constamment en rapport avec leurs frères de la Palestine, malgré le temple qu’Onias avait élevé en Égypte. Ils apportent leurs offrandes à Jérusalem 4 ; les docteurs s’y réfugient contre les persécutions des rois-tyrans :t. Alexandrie possédait un tribunal comme celui de la Palestine l, et un temple gigantesque r*, où l’on voyait soixante-dix siégeB revêtus d’or et de diamants, probablement pour les membres du tribunal, au nombre do soixante-dix. La valeur do chaque siège est estimée vingt-cinq ribbo Dinar en or. On ajoute dans le Talmud, qu’au milieu de ce temple se trouvait une Bima (espèce de chaire), sur laquelle se tenait le Ilazan chargé de faire signe à l’assistance, quand elle devait répondre par le mot Amen u. Telles étaient ses dimensions, que la voix de l'officiant qui lisait le Pentateuque, n’arrivait pas à tous les assistants. On dit encore que les fidèles dans ce temple, étaient assis par groupes, selon leurs professions La réputation des Juifs d’Alexandrie n’était pas des meilleures, on leur reprochait d’étre irréfléchis, audacieux et dissolus8.

Le Talmud confond les Alexandrins avec les Babylo-

• Tal. de Bab., Guittin, 57 b.

* Mischna, Uallah, iv, 11.

3 M. Graetz, Gcsch. der Juden, t. III, p 15.

' Toi. de Bab., Kethouboth , 25 0.

5 Tal. de Jér., Soucca, v, 1. bv UtSC'N fnO K1?» bz

rrn n^n: ’pp’M pcc vco ‘wiar1 TCr ntn rofTaDr!?»

757 I1I2D170Y’”- Cf. aussi T. de B., mênU Traité, 5t b.

8 Ibidem.

7 Les Juifs d’Alexandrie s'occupaient de travaux manuels et d’art. On les appelait souvent ù Jérusalem pour exécuter des travaux dans le Temple; cf., par exemple. Toi. de Jér., Yma, ni, 9, et ailleurs.

8 M. Kappoport, »/>. cit., p. 99.

mens1, probablement à cause de la ville égyptienne qui portait aussi le nom de Babylone *. Le Midrasch 3 rend le nom biblique de No-Amon par Alexandria rabtha « la grande Alexandrie. »

ndüc, Pelousa. Nous avons déjà dit 1 que le grandprêtre portait des vêtements qui provenaient de Pelousa. On apportait des poissons de Pelousa 5 à Césarée et jusqu’à Acco. Pelousa est sans doute la ville de Peluse à l’embouchure orientale du Nil.

DDDjn, euro, Pithom et Raamsés, villes aux fortifications desquelles les Israélites durent travailler, sont considérées par Rab et Samuel comme une seule et même ville c. Selon l’un, le nom primitif était Pithom et selon l’autre, Raamsés ; chacun de ces docteurs donne aux deux noms une étymologie hébraïque, mais qui est de pure fantaisie. Les savants ne sont pas d’accord sur l'emplacement actuel de Pithom et Raamsés. De ce point jusqu’à Souccoth, endroit pù les Israélites campèrent pour la première fois après leur sortie de l’Égypte, on compte dans le Talmud cent vingt milles 7. L’emplacement de Souccoth n'est pas identifié jusqu’à présent.

La Pesiktha rabbathi8 donne les cinq villes égyptiennes, dont Isaïe dit9, sans toutefois les nommer, qu’on y parlera la langue chananéenne :

• Tal. de Bab., Menakoth , 100 a.

1 Josèphe, Ant., Il, xv, 1.

3 Bereschith rabba, ch. 1 .

♦Cf. ci-dessus, p. 383.

5 Tal. de Bab., Abodak tarah, 39 a.

8 Même Tal., Solak, 11 a.

3 Mekhiltha, § 14 (éd. Weiss, p. 18 o).

3 Pesiktha rabbathi, ch. 17. niCJD rp ,N’>'H3DCN [1- )1DN Ni! pii

■d'^d ror T>jn pno cnn .or’cm o;cnn

9 Isaïe, xix, 18.

LIVRE SECOND. PAYS HORS DE LA PALESTINE 409 No-Amon, qui est Alexandrie * .

Noph, c’est Menphith (Memphis) -.

Talipenes, expliqué par Hofeïnos, est peut-être la ville de Hafi (Apis)I * 3 4. Peut-être faut-il lire dans la Pesiktha, Thofeïnos *, nom donné par les septante, et qu’on croit identique avec Daphnae Pelusiac 5.

Ir Haheres, expliqué par Sark-Ané, est sans doute Ostrakené 6 *, ville des tessons.

Ir Haschemesch, rendu par Elo-polis (Héliopolis), est appelé aujourd’hui Mut ara1.

il», Schour. Avant de quitter l’Égypte, nous dirons quelques mots sur le nom de Schour, souvent mentionné dans la Bible. C'est un désert au sud-ouest de la Palestine, vers l’Égypte; les Israélites y passèrent en se rendant de la mer Rouge vers Elim. La Bible connaît des tribus arabes dans ce désert8. Dans les Talmuds, on rend le mot Schour par Coub9 10, et aussi par Halouçah40; le Targoum du Pseudo-Jonathan 11 a également ce dernier nom. Le Coub du Tahnud est sans doute identique avec le pays du même nom mentionné par Ezéchiel ■*,

I Cf. ci-dessus, p. 408.

! II faut sans doute lire rnçjn pour niOÎC-

3 vjn est le nom d’Apis; cf. H. M. A. Levy, Z. d. dtutschmorg. Gesclhckaft, t. XI, p. 70.

4 D:"Din- M. Graetz ( Ztsch . de M. Frankel, année 1853, p. 201) propose la leçon de o;«2tn et traduit Thèbes.

"■ Winer, op. cil., t II, p. 597.

M Traduction littérale de Dinri ~>'V ! M. Graetz, art. précité.

* Cf. ci-dessus, p. 114.

3 Winer, op. cit., t. II, p. 435.

9 Mekhillha, uct. Bcschalah , 1 (éd. Weiss, p. 52 a)

10 BcreschitK rnbba, ch. 45 .JlSÙm WP1N3 u Genèse, xxv, 18.

*- Ezéchiel, xxx, 5.

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et se trouve par conséquent entre l'Égypte et la Palestine, vers le sud-ouest. Le Talmud 1 donne à ce désert une étendue de neuf cents parsa carrées. Les interprètes modernes de la Bible disent que pour traverser le désert de Schour, il faut un voyage de sept jours*.

nxV?n, Halouçah est probablement la ville d’Rlusa, dans la Palaestina lertia; Ptolémée la compte comme ville iduméenne3. Nous avons vu que le désert de Schour s'étend de l’Égypte au sud-ouest de la Palestine; on peut alors rendre Schour par Halouçah, en parlant du côté de la ville où l’on arrive quand on sort de Hébron, comme l’a fait Agar.

Le Targoum d’Onkelos rend Schour par llagra 4, qui signifie « pierre, » et par conséquent, l’Arabie Pétrée. Peut-être le désert de Schour s’étendait-il jusqu’à ce pays.

ans, Couseh. Nous avons vu que ce nom signifie, dans le Talmud, un pays à l’extrémité du monde 5. Gousch est très-souvent mentionné dans la Bible, et on est d’accord pour l’identifier avec l’Ethiopie B. Le mot Gousch est aussi employé dans le Talmud pour « noir; » le vin noir s’appelle « vin conschi 7. »

* Mekhiltha, pontage précité.

* Wîncr, ibidem.

3 Kcland, Palttstina, t. II, p. 780. On identifie dans le Seder Olam rabba (ch. 6) le désert de Si* avec (Aluscli), qui est probablement identique avec Elusa ; le désert de Schour s’étendait vers le sud jusqu’au désert de Sin (Exode, xv, 22 i xvt, 1). Le Tal. de Babylone ( Yoma , 10 a) prétend savoir que le géant Schèschai avait construit la ville d’Alousch (pi^K).

t Wincr, ibidem.

5 Cf. ci-dessus, p. 385.

6 Winer, op. cil., t. I, p. 235 et suiv.

1 Tal. de Bab., Baba bathra, 97 b p

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