LIVRE SECOND. PAYS HORS 1)E LA PALESTINE
§ 1. — L'Europe.
Le nom Europe ne se trouve pas dans les Talmuds. Les notices sur cette partie du monde sont des plus insignifiantes. Les talrnudistes connaissent la Grèce, l’Italie, l’Espagne, et peut-être aussi la France ' sur la côte de la Méditerranée (Gallia).
tonN, Athouna*. On parle souvent dans l’Agadah de la sagesse des gens d’Atliouua 3 * 5 ; on ne peut douter que ce ne soit la ville d’Athènes, capitale de la Grèce. Athènes, à l’époque île R. Yehoschoua ben Hananyah, qui est réputé d’avoir eu des discussions scientifiques avec les anciens d’Athènes , n’avait plus le prestige du temps de Socrate et de Platon. La tradition dure toujours longtemps, même quand elle est en contradiction avec la réalité des faits; on comprend ainsi pourquoi l’agadiste, en voulant parler d’un corps savant, cite les habitants d’Athènes.
JOD’N, Italia.Cenom, comme Afrique, est une expression très-vague. Le Targouin rend les noms de Kithim 1 * et Elischa -' par Italie, contondant les Grecs avec les Romains, et l’Italie avec la Grèce. On mentionne
1 Cf. ci-ilessus, p. 317.
- L’orlhographe de ce nom varie dans les Talmuds; on l'écrit Nj'HN (Tal. de Bab., Bekhoroth, 8 6), c;inN et tODR (Midrasch, Ekha, i, 1).
Cf. M. Rappoport, Erckh JUtlliu, p. 233.
* I Paralipomènes, i, 7 jvTCK ; Ezéchiel, xxvn, 6 N’T'KN
5 Genèse, x, 4.
414 LA (JÉOQRAPHIB du talmud
dans les Talmuds des monnaies italki 1 * et du vin de ce pays*, ce qui se rapporte probablement à toutes les possessions des Romains.
L’Italia de la Grèce {Italia schel Yavan) est considérée comme un pays très-fertile. L’expression biblique: «Ta demeure sera dans les graisses de la terre, » est expliquée dans le Midrasch3 par « Italia de la Grèce; » on nommait ainsi la partie méridionale de l’Italie, qui était la plus fertile de toute la Péninsule.
Un docteur explique l’expression « Italia schel Yavan » par « la grande ville de Rome. » « Cette ville, ditil, a une superficie de trois cents parsa carrées; elle possède trois cent soixante-cinq places publiques, égales en nombre à celui des jours de l’année solaire; la plus petite place est celle où l’on vend de la volaille, et qui occupe une surface de seize milles carrés. Le roi prend chaque jour son repas sur une autre de ces places. Celui qui demeure dans cette ville sans y être né, ou celui qui y est né, et quoiqu’il n’y demeure pas, reçoit une rémunération de la part du roi. Cette ville possède trois mille bains, dont cinq cents envoient leur fumée hors des murs. Elle est entourée d’un côté par la mer; d'un autre, par des montagnes et des collines; d’un troisième, par des barres de fer; enfin, d'un
l Mischna, kiddouschin, 1, 1 ID’K
* Tal. de Bab. , Eronbin, 64 a.
3 Bcrachith rabba, ch. 67. DN’/NER V! -ptno mT pND ’JDPC (m hw\- Les mots entre parenthèses manquent dans nos éditions, mais Raschi et d'autres commentateurs les avaient dans leurs manuscrits du Midrasch ; cl'. M. Rappoport, op. ei(., p. 43. Les écrivains hébreux du moyen âge comprennent sous U dénomination de )T> bv tt'bttC'N, la Gracia magna.