LIVRE 8BC0ND. PAYS HORS PE LA PALESTINE
quatrième côté, on trouve des endroits sablonneux et marécageux »
De toutes ces exagérations il résulte au moins qu’on parle d’une grande ville; mais nous ne croyons pas que ce soit Rome. Cette capitale est trop bien connue par les Juifs, pour qu’on en fasse la description précitée, qui paraît se rapporter non à celle-ci, mais à une ville presque inconnue. Quelques savants inclinent à appliquer ce passage à Constantinople4, appelée « la nouvelle Rome. » La description, abstraction faite de ces hyperboles, peut être attribuée à la nouvelle résidence de Constantin. Elle se trouve en effet sur la mer, elle renferme des montagnes, et il y avait alors probablement des marécages à proximité.
Cette grande ville de Rome se trouve, d’après un autre passage talmudique, dans une île. R. Lévi dit : * Au moment môme où le roi Salomon avait épousé la fille du Pharaon Necho, l’ange Michaël descendit du ciel, enfonça un roseau dans la mer, fit surgir un lieu
• Tal. de Bab., Megviilah, 6 b. Noua citons le passage d’uprès le msc. de la Bodleienne (Opp. Add., fol. 23). btB brtfcrg Kpljt 1CK
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* M. Kappoport, op. cil., p. 43. Le Midrasch Tilim, ch. 9, appelle cette ville Conitantia. wb)0 H33 OlP’O N’GOEDIp Dj3 Dlj’ÎOiEDlp
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tràïD* Constantin construisit Constantia , Philos, Philia (cf. cidessous, p. 419) ; Antiochus , Antiochia ; Alexandre, Alexandrie; Séleucus, Séleucia (il faut sans doute lire N’IPPD TO3 mp’PD) ■ »
sablonneux et bourbeux qui devint une immense plaine, où se trouve la grande ville romaine (dans la province de Rome). Le jour même où Jéroboam avait établi les deux veaux d’or (à Beth-El), Remus et Romulus élevèrent deux Ceriphim (palais ou idoles) à Rome »
Ces deux derniers passages, tout à fait agadiques, n’ont aucune valeur pour la géographie. L’agadiste attribue l’agrandissement de Rome, l’ennemie implacable des Juifs, aux crimes de l’idolâtrie, représentés par le mariage de Salomon avec une femme païenne, ou par l’établissement des idoles parmi roi d’Israël.
'Ci"1, Romi (Rome) est souvent mentionnée dans les Talmuds, mais on n’en dit rien de particulier sous le rapport géographique. Rome était le séjour de beaucoup de docteurs *, comme nous le verrons dans la partie historique. On l’appelle quelquefois « ville 3 » par excellence, ou « la grande ville de Rome » Quelques tal-
* Tel. de Jér., Abodah zara/i, i, 3. ncPîT [rnrcr Cl' ’Ù H 1ÛN
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Cf. aussi Sifré, sect. Ekeb, § 52 (éd. Friedmann, p. 86). Le Tal. de Bab. ( Sabbalh , 56 4), ainsi que le Midrasch Sc/lir haschirim, i, 6, ont quelques variantes pour la mémo ogadah. Nous ne les croyons pas assez importantes pour les reproduire ici; cf. M. Oppenheim dans le Mona/ssc/irift de M. Frankel, année 1860, p. 436 et 437. M. Oppenheim a la singulière idée de rendre le mol pai;? (variante pour tl'Cppï?) par stratmis tnrris: ce savant croit que celte agadah do la fondation de Rome ou de Constantinople, d’après M. Rappoport) est appliquée dans le Tal. de Babylone et le Midrasc'u à la fondation de Cèsarée, surnommée la « petite Rome » (Kt'jn ’cn) dans les sources rubbiniques du moyen âge.
- Tal. de Bel)., l'orna, 34 b; 86 a. Tosiflha, Bcça/t, ch. 2.
:l M. Wiesner, Scholien , fuse. III. p. .175.
» C.I. ci -dessus, note 1.
LIVRE SECOND. PAYS HORS DE LA PALESTINE 417 mudistes prétendent avoir vu à Rome un certain nombre d’ustensiles qui avaient jadis appartenu au Temple de Jérusalem
NnïJp, Calabria ; la côte de Calabre est mentionnée une fois à propos de la mer Méditerranée, qui arrivait jusque dans ce pays *.
trasia, Britania, qu'on trouve dans la Pesiktha rabbathi, est une faute de copiste3 * pourMauretaniaOrt^o).
hPOCDN. Aspamiya. Le Targoum 1 * rend le nom biblique Sepharad par Aspamya. Nous avons trouvé ce nom employé pour PApamée en Syrie5 *, et aussi en Babylonie®; dans ces cas nous avons fait remarquer qu'il faut lire Apamya et non Aspamya. Ce dernier nom signifie, dans le Talmud, l’Espagne. Quand on veut parler d’un pays très-éloigné de la Babylonie, on nomme Aspamya7. On dit par exemple que « l’enfant avant d’étre né, voit ce qui se passe d’une extrémité du monde à l’autre. Un docteur paraissant surpris de cet axiome, on lui dit: Pourquoi s’étonner? un homme peut dormir ici (eu Babylonie) et voir en rêve ce qui se passe en Aspamya8. » La Mischna compte une année de voyage, du pays d’Israël jusqu’à Aspamya a.
1 Tosiflha, Y onia, ch. 2; Abotk de K. Nathan, ù la fin.
*Cf. ci-dcssus, p. 412.
3 Cf. ci-dessus, p. 111 .
* Obadias, 20; cf. M. Rappoport, op. cil., p. 1l>6.
s Cf. ci-dessus, p. 304.
* Cf. ci-dessus, p. 3îfi>.
7 Pesiktha rabbathi, ch. 30.
8 Tal. de Bab., Niddah, 30 a.
» Baba balhra, ni, 2.
Noms douteux.
K’ilD'CN, Acarmonia. Les bateaux venant de ce pays, dit le Midrasch, ont trois cent soixante-cinq cordages, nombre égal à celui des jours de l’année solaire *. On veut l’identifier avec la province d’Acarnania *, en Grèce.
rüsuo, Terbenth, lieu natal de R. Saphra3. Plusieurs endroits, soit en Europe, soit en Asie, portent ce nom ; il serait difficile de dire duquel R. Saphra était originaire.
’Orc, Katfi. R. Akiba dit que pour deux on dit à Katfi tat et en Afriki fat 1 ; M. Rappoport5 a déjà fait l’ingénieuse conjecture de lire ’crc ) pour ’noo , et de comprendre sous ce nom la province de Copte. Mais alors il y a une autre erreur de copiste dans le passage talmudique en question, car c’est en Copte que aft signifie deux, et il faudrait lire: « àKopti fat est deux et tat en Afriki. » Le célèbre voyageur Rarth 6 rapporte que dans l’idiome de fulfulde eu Afrique, didi signifie
1 Midrasch Tilim, ch. Ut.
* M. Kappoporl, op. cil., p. SD.
3 Tal. de Jér., Meguillah , îv, S. Il est très-rare que daus ce Talmud on cite un endroit hors do la Palestine ; on y mentionne des pays, mais non pas des villes, l Tal. de Bab., Sanhédrin, 4 b; Memhotk, 34 b, CTT 1212
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3 Der Orient ; cette langue est peut-être identique avec cello que Talmud (T. de B., Mcguillah, 18 a) appelle Ouiphlith (jrtSO’i)*
' Sammlung und Searbeitung ccntralafrikauischer Vocabularien, Gotha, 1862, lrr partie, p. 8.