PREFACE XVII
chants des Védas, les Bnïhmanas et les Sûtras. le font invariablement par la tradition orale et les savent par cœnr. •
Le mot Halaklia parait pour la première (ois à propos de Ilillel (32 ans avant notre ère). Il fut nommé président du Sanhédrin, tout en étant étranger (il venait de la DabylonieJ, parce qu’il sut donner des explications sur une halaliha (pie le président d’alors ignorait.
Avec l’époque de Hillel commence la véritable discussion scolastique et subtile que nous trouverons dans le Talmud. Tout ce qui est rapporté de ce docteur, modèle de modestie, de probité, de bonté et de patience, nous autorise a croire que ces sortes de discussions n’étaient pas du goût de Hillel. Etait-il obligé de les subir comme étranger, ou le goût scolastique était-il déjà développé chez ses élèves? On ne nous en dit rien. Les discussions entre les écoles de Hillel et do son co-président Schammaï devaient être ardentes, et elles amenaient souvent dcsscissionscomplêtesdans l’interprétation de la Halaklia. Voici comment le Talmud s’exprime lui-môme sur ce point : « Avant Hillel et Schammaï, il n’y avait qu’une sorte d’interprétation de la loi (Thora). Ces deux écoles ont fait de la Thora deux versions différentes. » La Mischna contient un grand nombre des décisions halachiqucs de ces deux docteurs.
Quand on admet ', avec M. Jost, quela politique ne jouait presque aucun rôle chez les pharisiens, on comprend facilement comment ces discussions, stériles pour le moment, mais avantageuses pour la conservation de
• Geschichte des Jvdcuthvms und seitice Secten, t. I. p. 22ü.
PREFACE
la société juive, devaient prendre le dessus. Déjà les pharisiens disent à Jean Hyrcan : « Tu peux garder la couronne, mais laisse la supériorité de la Kehouna (dignité de prêtre) aux autres. » A plus forte raison, les pharisiens abandonnèrent-ils tout projet de reconstitution politique à leur profit, quand ils virent arriver sur le trône l’étranger Hérode, soutenu par des étrangers qui étaient les Romains.
En effet, on ne citerait guère un fait qui prouvât que les pharisiens aient participé à un soulèvement politique ; tout ce qu’ils osèrent, ce fut de défendre aux Juifs d’être les percepteurs des Romains, et cela est, comme on le voit, bien loin encore de refuser l’impôt.
La tranquillité dans les discussions trop ardentes semble avoir été rétablie un moment sous la présidence de R. Gamaliel l’aîné, qui jouit d’uue grande autorité. Ce docteur est connu par sa modération à l’égard des premiers prédicateurs de la foi chrétienne; son fils, R. Siméon, lui succéda au patriarchat. Plusieurs autres célébrités vivaient à cette époque si funeste au peuple juif. R. YohananbenZaccaï, ainsique R.Siméon, fils de Gamaliel,ont vu la destruction du Temple. La dernière étincelle de la nationalité juive s’étant politiquement éteinte, on s’efforça de sauver au moins son existence spirituelle. R. Yohanan forma une école à Yabneh, dont R. Gamaliel le second fut plus tard le chef. Dans le voisinage de cette ville, se trouvaient les écoles de R. AKiba, de R. Eliézer ben Azaryah et d'autres docteurs célèbres. Toutes ces écoles ajoutaient des décisions aux halakhoth antérieures, ou y introduisaient même des changements. La matière s’accumulait de plus en plus, et on ne pou-