LIVRE PREMIER. LA PALESTINE
Liban1 *. » Son extrémité sud entre Kezib ( Zib ) et Tyr est connu dans le Talmud sous le nom de * échelle de Tyr. » L’échelle de Tyr, proprement dite, est le cap Blanc (râs el-Abyad). Mais il est probable que les talmudistes ont ici en vue le cap Nakourah qui fait partie du même massif de montagnes, et qui s’offre bien du côté de la Palestine comme l’extrémité du Liban *.
Les montagnes de la Galilée sont à peine mentionnées dans le Talmud. Le passage du Midrasch3 4 où l’on dit que « le Carmel vient d'Aspamia et le Tabor de Belh Elira, pour entendre la parole de Dieu, » doit se prendre dans le sens parabolique et ne mérite, par conséquent, aucune attention à notre point de vue. L’étendue du Tabor est, selon les Talmuds, de quatre parsa *.
Le nom * montagne de neige » représente dans les Talmuds probablement le Grand. Hermon. « Les femmes Amonites et les Moabites avaient construit des boutiques de parfums , depuis Beth-Hayeschimoth jusqu’au mont de neige pour initier les Israélites aux raffinements du luxe5. » Les Targoums rendent également Hermon par tcbr, "0B et les géographes arabes surnomment une partie de l’Antiliban Djebel elh-Theldj. La cime du Hermon est, en effet, couverte de neige toute Tannée. Selon saint Jérôme, lesTyriens pour faire leurs raffraîchissements en été, cherchaient la neige au mont Hermon6.
i Tal. de Bab., Berakhoth, 43 à.
* ""B 7:7 Kcb)C i Tal. de Jér. Abodah Zarah, I, 9. KTipaÇ tuptuv chez Josèphe, Guerre, II, x, 2.
3 Bereschith rabbah, ch. 49.
4 Tal. de Bab., Baba bathra, 73 b ; la leçon du même Talmud, Zebahim, 113}, est « quarante. »
5Siphié, scct. Balai (éd. Friedmann, p 476).
*Cf. Winer, Bibl. realwterlerbuch, t. I. p. 481.
LA GÉOGRAPHIE Dü TALMTJD
On donne dans les Talmuds les noms des montagnes de Machærns et de Gadar en Perée. € R. Eléazar' raconte que son père avait dans les monts de Machærus des chèvres qui se sont engraissées par l’odeur de l’encens préparé au Temple;» idée par trop fantaisiste et qui dépasse les bornes permises à l’hyperbole. On trouvera plus d’une fois dans le courant de ce travail de ces idées bizarres. Les monts de Fer se trouvent, selon Josèphe, à la frontière nord-est de la mer Morte*. Nous avons déjà rapporté3 ce que le Talmud dit de ces montagnes; nous ajouterons seulement que le Targoum du pseudo-Jonathan4 * 6 rend le mot Cin par « monts de Fer. » Le désert Cin serait alors le désert qui s’étend du côté des monts de Fer. Ces monts se ramifiaient, d’après les indications de Josèphe, jusqu’au pays de Moab. La tradition 'confirmerait alors l’opinion de Levinso *hn'1, lequel prétend que tous les endroits du campement des Israélites jusqu’aux champs de Moab sont compris dans le désert de Cin. Ce désert toucherait donc aux monts de Fer. Le même Targoum rend par inadvertance l’endroit Cinncfi, qui doit se trouver nécessairement tout à fait au sud, par « Ciné des monts de Fer. »
Les montagnes de la Judée sont appelées dans les
1 Thamtd, ni, 30; on les appelle dans le Tal. de Bab., Yoma f 39 a, où l’on raconte le même fait, 1D3D ’TJ au lieu de H120- U y a évidemment une faute des copistes.
* Guerre , IV, vin, 2. vb — i&rpojv x&Xo-jpcvov époç,
3 Cf. ci-dessus, p. 36.
4 Nombres, xxxiv. 3; tib'ro 110 ’j'-Tl tCOTD.
$ Ere ç. kedoumim, t. II, p. 1o9.
6 Nombres, xxiiii, 4. Le mot njx, dans le langage de la Mischna, signfiie « palmier » (Mischna, Souiia , m, 1). signilierait alors « la ville des palmiers du mont de Fer, * comme Jéricho porte le nom Q'ionn ~"V ou