‹ La géographie du TalmudChapitre 33 sur 219 · LIVRE PREMIER. LA PALESTINE · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. LA PALESTINE

Talmuds « le mont Royal1. » Il n’est pas probable qu’on ait compris sous cette dénomination tout le massif des montagnes de la Judée. Les montagnes qui longent la côte forment plutôt un vaste plateau qui, dans la conception des Talmudistes, se confondait avec la plaine de la Judée. Le mont Royal comprend probablement la chaîne de la Judée, connue dans la Bible sous le nom « les montagnes d’Ephraïm 2 » qui prennent leur commencement dans la plaine de Yezréel et s’étendent presque jusqu’à Jérusalem.

Les Talmuds supposent une étendue énorme au mont Royal. R. Yohanan^dit : « Le roi Jannée avait soixante myriades de villes sur le mont Royal ; chaque ville contenait, d’après un autre docteur, autant d’âmes que le nombre des Israélites sortis' de l’Egypte. » Encore une exagération que du reste le Talmud relève lui-même :

« Moi, dit Oula en manière d’épigramme, j’ai vu cet endroit et je n’y ai pas vu de place pour soixante myriades de roseaux. »

La majeure partie des pigeons sacrifiés au Temple de Jérusalem provenait du mont Royal1. La plus grande quantité des légumes qu'on vendait à Césarée était apportée du mont Royal 5. Le Talmud 6 dit encore : « Si

• *jbcn m; Mischna, Schebiith, ix, 2.

s Josué, xvn, 15 ; Juges, vu, 24. Les rois hasmonéens y avaient construit les forteresses Hyrcania et Alexandrium (Josèphe, Antiquités, XIII, xvi, 3). De là aussi provient probablement le nom « mont Royal. » Cf. M. Graetz, Qtschichte der Juden, 2*id., t. II, p. 127.

3 Tal. de Bab., Guittin, 57 a.

*Tal. de Bab., Mcnahoth, 87 a.

5 Tal. de Jér., Sehebiith , vi, 2.

6 Tal. de Bab., Baba Kama , 98 a. On doit peut-être prendre le

Ejmn dans ce passage pour la ville K3^D (Tal. de Bab.. il tin, 5a b )

quelqu’un a de l’argent à Castra ou sur le mont Royal, ou si une bourse est tombée dans la grande mer, cet argent est considéré comme n’existant plus pour son propriétaire. » C’est évidemment une allusion à l’immense étendue de ce mont Royal.

Outre les montagnes ci-dessus mentionnées, les Talmuds' parlent du mont des Oliviers, de Sartaba, de Guérufnia, du Hauran et de Beth-Balthin, hauteurs où l’on allumait des feux pour annoncer la fête de la nouvelle lune2. Nous parlerons du premier dans l’article qui traitera de Jérusalem selon les Talmuds.

Le Sartaba n’est autre que le Kourn-Sourtabah, près de Naplouse. Guérufnia représente peut-être une pointe du mont Gilboa à l'ouest, appelé aujourd’hui Arabonneh.

i Mischna, Rosch haschana, h, 3. ij-jo mxVJD ]'N'rO vn piOl

n’3^> pnnoi pir6 xjonjoi n;o"^ tctrooi nnrcn

Tosiftha, même traité, ch. 1; Tal. de Bab., même traité, 23 b. Dans la dernière version, on lit les mots i-gi C,'n F|X rrnrrnv. M. Schwarz, Dos heilige Land, p. 55, s'efforce de trouver une montagne correspondante au nom de C’T|. Cependant, ce passage est simplement défiguré par un copiste. Il faut lire, comine dans la Tosiftha : Tyi 11120 ’ID IX « les montagnes de Machaerus et de Gadara. Cf. Monalhsschrift, de M. Frankel, 1853. p. 106.

* Avant la composition du calendrier astronomique, les Juifs n'avaient d’uutro méthode pour fixer le renouvellement du mois que le témoignage de ceux qui avaient vu la nouvelle lune. Les Samaritains et les Karaïtcs ont encore recours aujourd'hui à cette méthode primitive. Les témoins étaient reçus à Jérusalem dans une grande cour, appelée Beth Yaa:ck (Mischna, Rosch haschana, H. 4), par le Sanhédrin qui, sur cette base, fixait la date des mois et celle des jours de fêle. On annonçait le renouvellement du mois aux provinces au moyen de feux allumés sur les montagnes. Plus tard, les Samaritains, par esprit de haine, allumèrent des feux semlbables, qui causèrent des erreurs. On supprima les feux, et on dépêcha des courriers dans les centres principaux pour annonce- la fixation de la néomenie.

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