LIVRE PREMIER. LA PALESTINE
Havran est le Hauran en Perée, et Beth-Belthin s’explique dans le Talmud1 par Biram.
De cette montagne, ajoute le Talmud*, les arbres de la Babylonie apparaissentcomme des buissons. Ilest difficile de comprendre comment on aurait pu voir jusqu’à l’Euphrate, où doit se trouver le mont Biram, le feu allumé sur le Hauran. M. le docteur Frankel® propose de lire dans la Mischna « de Hauran à Havran, do Havran à Beth-Balthin, » et croit que le second Hauran signifie le ouadi Hauran qui aboutit près du mont Laha, dans le désert d’Arabie. Quant à nous, nous croyons que le rédacteur de la Mischna a simplement négligé les différentes stations entre le Hauran et le Beth-Balthin, qui est apparemment la dernière station en Babylonie.
Les endroits que le Talmud désigne sous le nom de * mont de Modim » et « mont de Celoim » sont plutôt des villes. Nous y reviendrons dans la partie topographique. Le Midrasch4 dit: « Le mont Ga’asch ne se trouve mentionné nulle part dans la Bible. » Mais cela n’est pas exact. Reland fait déjà observer que le mont Ga’asch est donné comme situé au nord de Timnath- Serah. D’un autre côté, la vallée de Ga’asch est également mentionnée deux fois dans la Bible 5. Il faut prendre ce passage du Midrasch, comme tant d’autres, dans un sens légendaire qui ne profite en rien pour la géographie.
En général, il faut remarquer que les docteurs de
i D’après un passage du Tal. de Bab., Kiddouschin, 72 a. Nous ne parlerons pas ici de l'identification de cet endroit puisqu’il se trouve hors de la Palestine.
-Tal. de Jér., Rosck hasekanah, n, 3.
3 Monalsschrift, 1837, p. 142, note 4.
1 Midrasch Samuel, ch. 23.
'Juges, n, 9 ; II Samuel, xxiu, 3U.
Talmud ne recalent devant aucune contradiction, même évidente, dans leurs explications agadiques; ils sacrifient très-volontiers le sens propre d’un passage biblique pour faire mieux ressortir la légende qu’ils ont en vue.
Le mont Çalmon, situé d’après la Bible en Samarie, est mentionné dans le Talmud à propos d’un torrent descendant de cette montagne 1 ; on dit de ce torrent qu’il se dessécha dans le temps d’une guerre, et c’est pourquoi ses eaux ne doivent pas être employées au Temple.
Il nous reste à parler du mont Çouk (le fameux Azazel de la Bible), où Ton conduisait le bouc émissaire pour le jeter dans un précipice. L’animal était brisé et réduit en pièces avant d’atteindre le milieu de cette pente escarpée 2 .
Nous croyons avec M. Wiesner 3 * que le Çouk est identique avec le mont Quarantania où Jésus fut tenté par le démon. Azazel est, en effet, renommé comme chef des démons3; il est possible qu’à l’époque de Jésus ou même précédemment, ce mont ait eu, à cause de son accès difficile, la réputation d’être hanté par les démons. Le mont Quarantania ( Djebel Kuruntul ) se trouve , d’après les voyageurs modernes, près de Jéricho ; il est très-rocheux, et son ascension présente de grands dangers5.
La distance indiquée du mont Çouk à Jérusalem s’ac-
1 pPü rrni’î Tosiflha, Par ah, ch. 9.
2 pis; Mischna, T'orna, vi, 5.
3 Ben Hananyak (la partie talmudique), 1866, col. 74.
* Cf. le livre Henoch vui,1; Origcn. cels, VI, p. 306 (éd. Spencer); Wmer, Bill, realtrærltrbuck, a. v. Vesœhnungstag.
5 Robinson, Phys, geogr., p. 46. Le mot pvs signifie des endroits très-escarpés; cf. Mischna, Baba Mecia., vi, 13